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Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken exprime son inquiétude face à la détérioration de la liberté de la presse en Hongrie

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la liberté de la presse en Hongrie, et a promis de pousser le Premier ministre Viktor Orban à respecter le pluralisme.

Lors d'une table ronde en amont de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Antony Blinken a prévenu que la Russie et la Chine tentaient de "saper la volonté démocratique et souveraine" des nations d'Europe centrale et orientale, auprès desquelles il a lancé un appel à préserver les principes d'ouverture. "Nous avons une véritable inquiétude, partagée par les défenseurs internationaux de la liberté de la presse et beaucoup de Hongrois, à propos du déclin du pluralisme, de la diversité et des voix indépendantes", a affirmé le chef de la diplomatie américaine, en réponse à une question du média hongrois indépendant Telex. "C'est l'étoffe même de la démocratie", a-t-il déclaré, appelant le gouvernement hongrois à "promouvoir un environnement ouvert".

Les Etats-Unis comme l'Union européenne "sont d'avis que nos intérêts collectifs sont mieux servis en essayant de solidifier des normes démocratiques d'Etat de droit et de coopération fondée sur des valeurs communes", a souligné M. Blinken. Lors de son entrée en fonction, le président américain Joe Biden a promis de mettre à nouveau l'accent sur la question de la démocratie, notamment avec un sommet de pays démocratiques, en rupture avec son prédécesseur Donald Trump, plus enclin à se rapprocher de régimes autocratiques. Viktor Orban, proche de la vision anti-immigration de Donald Trump, avait reçu la visite du prédécesseur d'Antony Blinken, Mike Pompeo, qui considérait qu'il était préférable de travailler avec cet allié de l'OTAN plutôt que de le repousser.

L'ONG Reporters sans frontières a fait chuter la Hongrie de 16 points l'an dernier dans son rapport annuel sur la liberté de la presse, plaçant Budapest à la 89e place en raison d'un "fort déclin dans la liberté des médias".

En février la station Klubradio, dont les journaux d'information et les émissions de débats sont souvent critiques envers le gouvernement hongrois, a perdu sa demande en appel après s'être vu retirer sa licence de diffusion. Malgré des recours judiciaires toujours en cours, Klubradio a affirmé que sa fréquence avait été attribuée ce mois-ci à Spirit FM, dont le propriétaire est un allié de Viktor Orban.

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