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La pollution de l'air par le carbone suie, un constituant des particules fines, provenant principalement du trafic automobile, est associée à un risque accru de cancers du poumon, selon des chercheurs

La pollution de l'air par le carbone suie, un constituant des particules fines, provenant principalement du trafic automobile, est associée à un risque accru de cancers du poumon, selon des chercheurs de l'Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

"Ce polluant est associé à une augmentation de 30% du risque de cancer du poumon", indique à l'AFP Bénédicte Jacquemin (Inserm-Irset), co-auteure de l'étude publiée dans la revue internationale Environmental Health Perspectives (EHP).

Pour le moment, ce n'est pas un polluant réglementé. "On sait que les particules fines, les PM2,5 (de diamètre inférieur 2,5 micromètres) qui pénètrent profondément dans les poumons, sont cancérogènes. On a voulu savoir s'il y a un effet cancérogène du carbone suie indépendant de celui des particules fines totales".

"Après des analyses statistiques, on trouve un effet du carbone suie et il est très probable que cet effet soit indépendant de l'effet des particules totales", poursuit-elle.

"On n'établit pas une relation de cause à effet avec une seule étude en épidémiologie, il faut beaucoup d'études qui vont dans le même sens pour pouvoir établir une relation de causalité", rappelle la chercheuse, estimant toutefois que ce résultat est "significatif".

En 2013, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l'ensemble des particules fines comme des cancérogènes certains pour l'humain.

Mais au sein des particules fines, tous les composés n'ont probablement pas le même impact sur le risque de cancer. D'où l'intérêt d'étudier le carbone suie ("black carbon" en anglais).

Ce composé, également appelé noir de carbone, issu de combustions incomplètes (produisant de la suie) a déjà été pointé du doigt par l'OMS pour son impact général délétère sur la santé.

Les chercheuses de l'Inserm, Bénédicte Jacquemin et Emeline Lequy, ont réalisé leurs travaux, avec leurs collègues, à partir des données de santé des participants de la cohorte Gazel mise en place en 1989, regroupant environ 20.000 personnes suivies tous les ans.

Les auteurs disposaient de l'historique du lieu de résidence des participants sur les trente dernières années et avaient accès aux estimations précises des niveaux de pollution de leur domicile sur cette période.

Les facteurs de risque de cancer, comme le tabagisme, la consommation d'alcool et les expositions professionnelles à des cancérogènes pulmonaires connus (amiante, solvants chlorés...) ont été pris en compte.

Sur la base de ces données, les chercheurs ont déterminé le degré d'association entre niveau de pollution au domicile des participants depuis 1989 et le risque de développer un cancer, et notamment un cancer du poumon.

Durant les 26 ans de suivi, 3.711 nouveaux cas de cancers dont 349 du poumon ont été diagnostiqués.

Plus les niveaux d'exposition au carbone suie dans l'air ambiant au domicile des participants étaient élevés, plus le risque de cancer du poumon était accru, montre l'étude.

Les personnes les plus exposées au carbone suie depuis 1989 présentaient ainsi un surrisque de cancer en général d'environ 20% par rapport aux personnes les moins exposées et de 30% pour le cancer du poumon.

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Vos réactions

Portrait de lxa75
24/mars/2021 - 16h18

parlons du tabac plutôt