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Poursuivi pour diffamation envers l'ex-cheffe du parquet national financier, Mediapart sera fixé sur son sort demain

Le tribunal correctionnel de Lyon rendra sa décision mardi sur les poursuites engagées contre le directeur de la publication de Mediapart Edwy Plenel pour diffamation envers l'ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) Eliane Houlette. Lors de l'audience le 19 janvier, l'avocat du journal en ligne, Emmanuel Tordjman, avait "plaidé avec force dans ce dossier la vérité du fait diffamatoire", l'article reposant sur "deux procès-verbaux" et ne comportant "aucune affirmation péremptoire".

Mediapart avait révélé en juin 2020 l'existence d'écoutes téléphoniques qui mettaient en cause Mme Houlette, alors visée par une enquête judiciaire pour "violation du secret de l'instruction et trafic d'influence". Lors de ces écoutes, réalisées entre mai et juin 2019 dans une information judiciaire ouverte à Paris sur de possibles emplois fictifs à la mairie de Marseille, un avocat marseillais se vantait d'être "ami" avec la procureure anticorruption et d'avoir obtenu grâce à elle des informations sur les enquêtes en cours. Mme Houlette, désormais à la retraite, avait bénéficié d'un classement sans suite en décembre 2020.

A la barre du tribunal, le cofondateur du journal en ligne Edwy Plenel avait longuement rappelé le contexte de la publication de cet article, quelques jours après les déclarations explosives de Mme Houlette devant une commission d'enquête parlementaire laissant entendre qu'elle aurait subi des pressions de sa hiérarchie dans l'affaire Fillon - pressions écartées depuis par le Conseil supérieur de la magistrature. Selon M. Plenel, il s'agissait alors "d'éclairer l'opinion" sur le "conflit" sous-jacent entre Mme Houlette et sa supérieure hiérarchique, à l'origine de la procédure ouverte contre elle. Sur "plus de 200 procédures judiciaires" intentées contre Mediapart, "seulement cinq ont fait l'objet d'une condamnation pénale définitive" et "à deux reprises, la justice a reconnu l'intérêt général majeur de nos enquêtes", avait relevé M. Plenel.

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