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Reims : Un homme a été placé en garde à vue hier soir dans le cadre de l'enquête sur l'agression samedi d'un photo-journaliste du quotidien L'Union

Un homme a été placé en garde à vue hier soir dans le cadre de l'enquête sur l'agression samedi d'un photo-journaliste du quotidien L'Union dans un quartier sensible de Reims, où 80 CRS devaient être déployés mardi. "Un individu, majeur, a été interpellé ce jour en fin d'après-midi par les services de police du commissariat de Reims et placé en garde à vue pour tentative de meurtre aggravé", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République à Reims, Matthieu Bourrette.

L'enquête est ouverte des chefs de tentative de meurtre aggravé et non-assistance à personne en péril, a précisé le procureur. Plus tôt dans la journée, la police avait lancé un appel à témoins pour tenter de faire la lumière sur les événements qui ont conduit ce photographe de 65 ans, Christian Lantenois, en réanimation au CHU de Reims.

Selon l'un des rédacteurs en chef du journal régional, Sébastien Lacroix, son pronostic vital restait engagé. Christian Lantenois a été agressé alors qu'il couvrait des regroupements de jeunes dans le quartier prioritaire de Croix-Rouge.

Le photo-journaliste, qui s'était spontanément rendu sur les lieux pour accompagner une consoeur, alertée d'une possible rixe, était resté en retrait de sa collègue, dans sa voiture, floquée du logo du journal, selon la rédaction. Il a été retrouvé vers 15H30 près du véhicule, en marge des attroupements, "au sol" et saignant "au niveau des oreilles", selon le préfet de la Marne Pierre N'Gahane. La direction du journal a déposé plainte lundi "pour tentative de meurtre et atteinte à la liberté de la presse", a indiqué M. Lacroix.

"Il paraît clair que c'était le journaliste qui était visé : il a été identifié facilement parce qu'il sortait d'une voiture floquée du nom du journal et portait un appareil photo", a-t-il estimé.

Le préfet s'est rendu sur les lieux de l'agression lundi matin, accompagné du commissaire en charge de l'enquête, a constaté un photographe de l'AFP. Dans la soirée, le préfet a annoncé l'envoi de 80 CRS pour sécuriser le quartier, à partir de mardi et pour au moins la semaine. Après l'agression, "les jeunes se sont rapidement dispersés, il n'y a pas eu d'autre incident" et le quartier, de quelque 28.000 habitants, "reste depuis très calme", avait-il assuré dimanche.

La prise à partie de ce journaliste a suscité des réactions indignées jusqu'au sommet de l'État, Emmanuel Macron exprimant le souhait que les auteurs de l'agression soient "interpellés au plus vite". M. Lacroix a fait état auprès de l'AFP d'un "afflux énorme de messages de soutien" au journal.

Des séances "où chacun a pu s'exprimer" ont été organisées au sein du quotidien régional, certains journalistes exprimant leur inquiétude face à une violence à leur encontre, plus souvent verbale que physique, "qui va croissant", a-t-il rapporté.

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