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Les radios privées condamnent un projet de déplafonnement des recettes publicitaires de Radio France, y voyant une menace pour leur propre modèle économique, déjà affecté par la pandémie

Les radios privées ont condamné unanimement un projet de déplafonnement des recettes publicitaires de Radio France, y voyant une menace pour leur propre modèle économique, déjà affecté par la pandémie. Dans une démarche inédite, le Bureau de la Radio (organisation dont font partie RTL, NRJ, RMC et Europe 1), le SIRTI (syndicat des radios indépendantes), ainsi que Radio Classique et Skyrock, ont pourfendu dans un communiqué commun une "remise en cause des équilibres du marché publicitaire radiophonique". Dans leur viseur, le nouveau contrat d'objectif et de moyens (COM) de Radio France, un texte en cours de finalisation qui définit des orientations stratégiques et budgétaires pour la période 2020-2022. Or le projet de COM qui a été récemment soumis pour avis à des commissions parlementaires et au CSA "supprime totalement le plafond annuel de recettes commerciales" de Radio France, "ouvrant ainsi la porte à un accès quasi-illimité du service public à la publicité", s'insurgent les radios privées.

Pour celles-ci, si cette mesure était actée, le gouvernement renierait les engagements pris par l'Etat en 2016, lorsque Radio France avait été autorisé à diffuser des publicités à caractère commercial sur certaines de ses antennes, avec l'instauration à l'époque "d'un montant annuel maximal de recettes publicitaires" fixé à 42 millions d'euros. Elles craignent qu'en faisant sauter ce plafond, le service public augmente ses recettes à leur détriment. Et ce, soulignent les radios privées, alors même qu'elles subissent "une crise économique sans précédent", et qu'elles attendent toujours le versement d'un fonds de soutien exceptionnel, promis par le gouvernement.

Les radios privées sont particulièrement remontées car elles rappellent que Radio France "a systématiquement dépassé ce plafond au mépris de ses engagements et sans aucune réaction de son ministère de tutelle", et s'étonnent que le déplafonnement soit désormais envisagé sans aucune consultation du secteur radiophonique. Les radios privées ne sont pas les seules à critiquer ce déplafonnement. La commission de la culture du Sénat avait émis la semaine dernière un avis défavorable sur le projet de COM de Radio France, au motif notamment qu'il rompait "les engagements pris envers les radios privées qui seront directement impactées". De son côté, le CSA a émis un avis positif sur ce nouveau COM mais a rappelé au gouvernement "la nécessité de préserver les équilibres concurrentiels sur le marché publicitaire".

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Vos réactions

Portrait de YVESM
2/février/2021 - 18h01

La qualité cela se paye !     Quant à l'indépendance et à l'objectivité pour les avoir dans le service public, il faudra peut être interdire de publicité les radios privées...