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Le préfet de Martinique a ouvert une enquête contre d'une campagne de pub des producteurs de bananes, accusée de vanter de manière "trompeuse" le caractère "bio" de ces produits

Le préfet de Martinique a ouvert une enquête à l'encontre d'une campagne publicitaire des producteurs de bananes, accusée de vanter de manière "trompeuse" le caractère "bio" de ces produits, ce que démentent les professionnels. Depuis le début du mois l'UGPBAN, l'Union des Groupements des Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique, a lancé dans ces deux territoires une campagne de publicité avec pour slogans "fier de cultiver la banane la plus vertueuse au monde" ou encore "fier de faire pousser une banane certifiée bio". Des messages qui ont poussé le cabinet du préfet de Martinique a ouvrir une "enquête en matière de pratique commerciale trompeuse".

"Les bananes issues de la production biologique représentent moins de 2% de la production totale de l'UGPBAN. Cette communication peut ainsi induire en erreur le consommateur", a expliqué la préfecture jeudi dans un communiqué. De leur coté, les producteurs de bananes de Martinique assurent ne pas comprendre cette attaque des pouvoirs publics.

Le président de Banamart, Nicolas Marraud Desgrottes, assure aux médias locaux que les producteurs n'ont "pas cherché à tromper qui que ce soit" ni "à vendre quoi que ce soit. C'est la promotion d'une culture locale".

"Dans la campagne il y a 5 producteurs qui s'expriment et il y a un producteur qui dit qu'il fait du bio. Et il fait du bio", a-t-il déclaré sur la radio RCI. Les producteurs de bananes ont déjà reçu les enquêteurs et attendent désormais les résultats de leurs entretiens. Si la tromperie commerciale est avérée, ils sont passibles d'amendes et de devoir retirer leurs affiches.

Des affiches dont certaines ont déjà été détournées sur les réseaux sociaux ou tagguées, barrées du mot "chlordécone" par des militants estimant que promouvoir la banane de cette façon est une provocation. C'est pour traiter la banane contre un champignon que ce pesticide avait été introduit en Martinique et en Guadeloupe en 1972.

Son utilisation avait été poursuivie dans ces deux territoires ultramarins pendant 3 ans, jusqu'en 1993 grâce à des dérogations, malgré son interdiction en France en 1990.

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