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La Société des journalistes (SDJ) de l'hebdomadaire L'Usine Nouvelle dénonce "les pratiques d'intimidation" de Veolia envers l'un de ses interlocuteurs, cité dans un article

La Société des journalistes (SDJ) de l'hebdomadaire L'Usine Nouvelle dénonce  "les pratiques d'intimidation" de Veolia envers l'un de ses interlocuteurs, cité dans un article sur le projet de fusion de l'entreprise avec Suez. Veolia a adressé une sommation par huissier à plusieurs experts intervenus publiquement sur le sujet, exigeant qu'ils fassent état de leurs éventuels liens, directs ou indirects, avec Suez, et des rémunérations potentiellement perçues à cette occasion.

L'un d'eux, le professeur de droit Julien Icard, a reçu cette sommation le 7 décembre après avoir "décrypté", dans un article publié sur le site de L'Usine nouvelle, "les conséquences d'une action en justice entre Veolia et Suez, le premier projetant une OPA sur le second", explique la SDJ de l'hebdomadaire économique, dans un communiqué.

La SDJ "ne peut accepter que les interlocuteurs de la rédaction soient soumis à ce type d'action, relevant de l'intimidation", s'indigne-t-elle.

"Le choix des experts qui s'expriment dans les médias économiques ne doit pas faire l'objet d'un tri de la part des entreprises" mais "revient aux journalistes", en "toute indépendance", ajoute la SDJ, invoquant "la pluralité des opinions". Cette sommation, "loin d'assurer une +mesure de saine hygiène pour notre démocratie+ comme l'entreprise le prétend dans une déclaration publiée le 8 décembre, ne peut que fragiliser l'un de ses piliers, la presse", estime la SDJ.

L'économiste Elie Cohen, qui a également reçu la visite d'un huissier et a plusieurs fois exprimé sa critique du projet de fusion dans les médias, avait accusé Veolia de "tentative d'intimidation" dans une lettre publiée par l'Obs mardi. La société assume, elle, sa démarche, face à la liste de tribunes et déclarations hostiles à son projet de rachat de Suez.

"Nous avons tenté de comprendre comment autant d'+experts indépendants+ pouvaient relayer des raisonnements qui semblaient directement tirés des argumentaires diffusés par les dirigeants de Suez", avait expliqué le groupe, ajoutant avoir "découvert facilement" des "liens étroits" existant souvent avec Suez, ses responsables ou filiales. Le leader du traitement de l'eau et des déchets a acquis début octobre 29,9% de son concurrent Suez auprès d'Engie, et prévoit une OPA sur le reste des actions, au grand dam de Suez qui crie à la casse industrielle. La bataille s'est pour l'instant déplacée dans les tribunaux, via des recours de part et d'autre.

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