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Les députés de l'opposition dénoncent le "mépris" du gouvernement après l'annonce d'une commission pour réécrire l'article 24 de la loi "Sécurité globale"

Parlementaires de gauche, droite et extrême droite dénoncent vendredi une nouvelle marque de "mépris" pour leur travail de la part du gouvernement, au lendemain de l'annonce d'une commission pour réécrire l'article 24 de la loi "Sécurité globale".

Face au tollé provoqué par cet article qui encadre la diffusion d'images de policiers, le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi la création d'une "commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture". Mais l'initiative a provoqué l'"opposition" du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) et "l'étonnement" de Christophe Castaner, patron du groupe LREM à l'Assemblée ainsi que de nombreux députés de la majorité. L'opposition est aussi très critique.

A droite, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a estimé sur Twitter que "désigner un comité Théodule pour réécrire un article de loi en plein examen est une absurdité constitutionnelle et une faute politique". "Dans le genre mépris du Parlement, ça commence à faire beaucoup..." Le député LR Guillaume Larrivé a répondu "pourquoi pas" à cette commission, mais "ce léger flottement" aurait pu être "évité si l'Assemblée avait été éclairée par le Conseil d'Etat et si le Garde des Sceaux avait fait son job".

Pour le président du groupe PS au Sénat Patrick Kanner, "cette volonté" du gouvernement de court-circuiter le parlement est "très problématique". "En une décision, Jean Castex se désavoue, désavoue G. Darmanin, et plus grave: liquide le Parlement. Dangereux. Si le Premier ministre veut dissoudre l'Assemblée, qu'il le fasse dans les formes", a abondé dans un tweet le député et porte-parole du PS Boris Vallaud. Chez LFI, le député Eric Coquerel a appelé le Premier ministre à "arrête(r) les frais", mais aussi à "supprime(r) cet article 24", en remarquant que "toute la proposition de loi Sécurité globale pose problème" car c'est une "loi de surveillance généralisée, inégalitaire et liberticide".

A l'extrême droite, le député et porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu a jugé l'initiative du Premier ministre "complètement contraire à l'usage qu'on peut faire du parlement". Hors du parlement, l'ancien ministre Hervé Morin, président des Centristes, a balayé sur France 2 la question de cette commission en estimant qu'"on peut tout à fait assurer la sécurité de la police et la gendarmerie en floutant leur visage sans pour autant empêcher la diffusion de leurs actions", car "la démocratie suppose la transparence".

Le maire LR de Cannes David Lisnard, très critique des pratiques du gouvernement, qu'il juge bureaucratiques, a choisi l'ironie pour réagir à la création de cette commission: elle "fera l'objet d'une désignation validée en Comité central après passage en commission d'évaluation dans le cadre du plan d'optimisation des commissions de révisions des articles superfétatoires", a-t-il tweeté.

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