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Le CSA autorise la diffusion en France de combats de MMA à la télévision et sur les services de vidéo à la demande mais sous de strictes conditions

Le CSA a publié un texte qui autorise la diffusion en France de combats de MMA à la télévision et sur les services de vidéo à la demande sous de strictes conditions, au nom notamment de la protection du jeune public. Parmi les garde-fous posés par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, les diffuseurs devront afficher durant les combats d'arts martiaux mixtes la signalétique "déconseillé aux moins de 16 ans". En outre, les combats ne pourront être diffusés ou rediffusés qu'à des horaires tardifs, pour éviter qu'ils puissent être visionnés par les enfants: après 22H30 sur les chaînes et plateformes gratuites, et après 20H30 sur les chaînes et services à la demande payants. Les diffuseurs devront par ailleurs veiller à ne pas diffuser d'extraits violents ou choquants dans la journée.

Les diffuseurs devront aussi faire montre de pédagogie, notamment en expliquant au public les règles de ce sport très populaire, et en leur précisant pourquoi certaines techniques utilisées sont dangereuses et ne doivent surtout pas être imitées. En effet, le MMA est un sport de combat extrême qui permet coups de pied, poing, genou et coude, ainsi que coups au sol, étranglements et clés à l'intérieur d'une cage. Le texte a été élaboré pendant plusieurs mois, après une décision du ministère des Sports en début d'année qui a autorisé pour la première fois la pratique du MMA en France, sous l'égide de la Fédération française de boxe.

Avant ce cadre légal, le CSA considérait que la retransmission des combats de MMA portait "atteinte à la dignité des participants", était "susceptible de nuire gravement à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs", et était "contraire à la sauvegarde de l'ordre public", selon un texte adopté en 2005. Après le feu vert du ministère, "nous avons mené une vaste consultation pour établir des règles strictes de retransmission des combats, notamment auprès des chaînes de télévision, fédérations et organisateurs de tournois, et en s'appuyant aussi sur le comité d'experts du CSA pour la protection des mineurs", a expliqué à l'AFP Carole Bienaimé-Besse, membre du CSA et présidente du groupe de travail chargé de la protection des publics.

"Il s'agissait d'être totalement cohérents avec les règles qui interdisent déjà aux chaînes et plateformes de télévision d'exposer le jeune public à la violence, la pornographie, les jeux d'argent et les pratiques illicites", a-t-elle souligné. Outre la protection de l'enfance, "la diffusion du MMA devra respecter d'autres principes comme la dignité de la personne humaine, notamment dans les commentaires qui ne devront pas, par exemple, inciter à la violence".

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