11/04/2020 08:24

Coronavirus - C'est devant télévisions, tablettes et ordinateurs que catholiques et protestants célèbrent ce week-end Pâques, leur fête la plus importante

C'est devant télévisions, tablettes et ordinateurs que catholiques et protestants célèbrent ce week-end Pâques, leur plus importante fête, la pandémie de coronavirus ayant conduit à l'annulation des processions et messes traditionnelles dans une grande partie du monde. Le contraste sera saisissant dès ce Vendredi Saint entre les images du pape François sur la place Saint-Pierre presque vidée de ses fidèles et celles de l'an dernier. Le pape François avait assisté en silence avec 20.000 catholiques à un Chemin de Croix nocturne autour de l'amphithéâtre romain du Colisée somptueusement illuminé, comme c'est le cas depuis 1964. Au moment où le bilan mondial avoisine les 100.000 morts, les chrétiens, comme la moitié de l'humanité, vivent à l'heure du confinement.

Vendredi soir, à la lumière des torches, le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques, qui aime tant le contact avec la foule, regardera deux groupes de cinq personnes sur l'immense place Saint-Pierre faire revivre aux internautes et téléspectateurs le Chemin de Croix, le calvaire de Jésus, de sa condamnation à mort à sa crucifixion, sa mort et sa mise au tombeau. Un groupe sera formé par des détenus d'une prison de Padoue, une ville de Vénétie, cette région du nord-est de l'Italie où plus de 750 personnes sont mortes.

L'autre sera composé de médecins et infirmières, en première ligne contre la pandémie.

"Les expressions de piété populaire et les processions", comme le Chemin de Croix, peuvent être reportées, avait spécifié fin mars un "décret en temps du Covid-19" publié par le Saint-Siège. Les prières se font désormais en famille, et les fidèles sont privés de communion, de baptême, voire de funérailles dans de nombreux pays. Pratiquement "un retour aux premiers temps du christianisme", qui se vivait discrètement dans la sphère privée, soulignent les historiens.

Aux rigoristes de la liturgie, le pape François a rétorqué que l'Eglise ne doit pas être "enfermée dans les institutions", dans un entretien cette semaine à un biographe britannique, paru dans quatre revues. "Il n'est pas facile d'être enfermé chez soi", a convenu le pape, en recommandant de "ralentir un certain rythme de consommation et de production" et de "se reconnecter avec l'environnement réel". Le souverain pontife a aussi rendu un hommage appuyé aux "saints de la porte d'à côté": "les médecins, les bénévoles, les religieux, les prêtres, les travailleurs qui accomplissement leurs tâches pour que cette société fonctionne".

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