29/02/2020 12:01

Des sénatrices se penchent sur la place des femmes dans l'audiovisuel et formulent des propositions devant la Délégation aux Droits des femmes

Mieux mesurer la part des femmes à la télévision, demander aux chaînes un progrès en la matière ou inclure le numérique dans les efforts de lutte contre les stéréotypes...voilà quelques-unes des propositions formulées devant la Délégation aux Droits des femmes du Sénat. La Délégation organisait une table-ronde sur la place des femmes dans les médias, en présence de représentants de ce secteur, d'associations et du Haut conseil à l'égalité femmes-hommes (HCE), dans la perspective de l'examen au Sénat de la réforme de l'audiovisuel. "Beaucoup de chaînes s'engagent sur le 50-50 mais on n'y est pas et ça va être difficile. Il faut resserrer un tout petit peu les mailles du filet", a estimé Sylvie-Pierre Brossolette, ancienne du CSA et présidente de la commission "Lutte contre les stéréotypes" du HCE.

L'institution souhaite notamment que la loi oblige les chaînes à progresser d'une année sur l'autre en matière de représentation des femmes : "il ne suffit pas juste de s'évaluer, il faut qu'il y ait un progrès, aussi minime soit-il", explique Sylvie-Pierre Brossolette. Elle souhaite aussi que la présence des femmes à l'écran soit mesurée de manière plus fine (tranche horaire, types de sujets...). Le Haut conseil a également imaginé un amendement au projet de loi pour sanctionner "l'image et les propos dégradants pour les femmes" dans le secteur du numérique.

La loi "donne le pouvoir au régulateur européen d'intervenir si des +propos haineux ou préjudiciables à la jeunesse sont diffusés+. Je pense qu'il est souhaitable d'ajouter +et de faire éliminer les images ou propos dégradants pour les femmes+", a indiqué Sylvie-Pierre Brossolette. Elle a notamment cité le "désastre" des clips, programmes les plus visionnés sur YouTube selon une étude du CSA. Léa Lejeune, présidente de l'association "Prenons la une", a quant à elle rappelé que le Guide des expertes, un annuaire de femmes expertes dans divers domaines à destination des journalistes, n'était plus mis à jour, n'étant plus financé par France Télévisions et Radio France. Elle a suggéré d'inscrire dans la loi le financement de ce guide.

La question des quotas de femmes dans les médias a également été abordée : elle est notamment défendue par l'association Pour les femmes dans les médias, qui présentera jeudi prochain un rapport sur la place des femmes dans les fictions, à l'occasion du rapport annuel du CSA sur la place des femmes à la télévision. "En politique comme dans beaucoup de domaines, on a besoin d'obligations pour avancer", a souligné la présidente de la Délégation Annick Billon, en évoquant la possibilité de "quotas temporaires".

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Vos réactions

Portrait de Phantôme_
29/février/2020 - 14h58

D'ici peu, on ne pourra plus prendre le train ou bien le bus, que si 50 % des passagers sont féminins. Les salles de ciné n'ouvriront que lorsqu'il y aura au minimum 50 % de femmes déjà présentes...  on marche sur la tête là.  Excusez moi d'être né masculin...... MERDE!!!