14/01 09:41

Pédophilie : Perturbé hier par une grève des avocats, le procès de l'ex-prêtre Bernard Preynat devrait enfin s'ouvrir aujourd'hui à Lyon - Vidéo

Perturbé hier par une grève des avocats, le procès de l'ex-prêtre Bernard Preynat, dont les agissements pédophiles passés sous silence par l’Église ont déclenché l'affaire Barbarin, débute enfin aujourd'hui plus de 30 ans après les faits. "Ce qui est important, c’est que le procès ait quand même lieu", estime l'une des parties civiles, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, après cette suspension de 24 heures accordée aux avocats grévistes par les juges du tribunal correctionnel.

Les victimes ont confié qu'elles auraient difficilement supporté que le tribunal accède au renvoi total demandé par le bâtonnier de Lyon. Cela aurait impliqué un report de plusieurs mois. Elles ont déjà attendu des dizaines d'années pour que soient jugés des faits commis entre 1971 et 1991, alors qu'elles étaient âgées de 7 à 15 ans. Bernard Preynat, alors vicaire-aumônier scout de Sainte-Foy-Les-Lyon (Rhône), faisait à l'époque l'admiration des parents du diocèse, qui lui confiaient leurs enfants dans sa paroisse ou lors de camps à l'étranger.

Ce n'est qu'en 2015 que plusieurs anciens scouts brisent l'omerta de l’Église en accusant Preynat devant la justice d'attouchements, baisers sur la bouche et caresses réciproques contraintes, notamment sur le sexe. Âgé de 74 ans aujourd'hui, l'ex-curé réduit à l'état laïc au terme de son procès canonique l'été dernier, encourt jusqu'à 10 ans d'emprisonnement. Reconnaissant la plupart des faits, il a eu le temps d'afficher sa contrition lundi face au tribunal avant l'annonce de la suspension des débats.

Se présentant d'emblée comme "coupable" de la douleur des parties civiles, le prévenu, veste noire et barbe grise, a émis le souhait que "ce procès ait lieu le plus vite possible car cela fait déjà cinq ans que cette procédure a commencé". L'enquête a révélé que ce titulaire d'un CAP de cuisinier ordonné en 1971 avait perpétré ses premières agressions contre des enfants dès l'âge de 17 ans, alors qu'il était moniteur de colonie de vacances, en 1962.

De son côté, l'intéressé soutient qu'il a suivi une thérapie à l’hôpital du Vinatier, près de Lyon, en 1967 et 1968, et totalement cessé ses abus au début des années 1990. Des signalements postérieurs ont été enregistrés mais l'enquête n'en a retenu aucun. Ayant déjà livré ses aveux aux enquêteurs, Preynat sera sans aucun doute condamné, mais on ignore à quelle peine. Son défenseur Frédéric Doyez a indiqué qu'il s'efforcerait "d'établir les faits au procès" en dépit de leur ancienneté.

Ailleurs sur le web

Vos réactions