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Trois hommes seront jugés en mai à Lille pour "violences aggravées", après la diffusion d'un reportage d'Al Jazeera sur le bar privé d'ultradroite "La Citadelle"

Trois hommes interpellés mardi seront jugés en mai à Lille pour "violences aggravées", après la diffusion d'un reportage d'Al Jazeera sur le bar privé d'ultradroite "La Citadelle", a indiqué le parquet à l'AFP. Présentés au juge des libertés et de la détention, ils ont été placés sous contrôle judiciaire et convoqués devant le tribunal correctionnel le 10 mai. Un quatrième homme a été libéré à l'issue de sa garde à vue, sa responsabilité n'ayant pu être retenue, a-t-on précisé de même source.

"L'enquête se poursuit par ailleurs sur les autres faits", à savoir notamment propos racistes, incitation à la haine et apologie du terrorisme, qui leur avaient aussi valu leur placement en garde à vue. Mi-décembre, le parquet avait ouvert une enquête quelques jours après la diffusion sur la chaîne qatarie de ce sujet en deux parties, intitulé "Generation Hate" (Génération haine). Filmés en caméra cachée, des clients y tiennent des propos racistes, notamment dans les locaux de ce bar situé en plein coeur de Lille et dont le président affirme être le représentant régional du groupuscule d'ultradroite Génération identitaire. Dans le premier volet du documentaire, on voit une jeune femme désignée comme maghrébine poussée par un homme au visage découvert puis frappée à coups de poings par un autre, de nuit, dans un autre quartier animé de Lille, rue Masséna.

De source proche de l'enquête, la victime, âgée de 18 ans, de nationalité française et parlant arabe au moment des faits, a été retrouvée et entendue par les enquêteurs. Un homme pouvant être un videur du bar près duquel la scène s'est déroulée fait partie des prévenus. Plusieurs personnes fréquentant "La Citadelle" se vantent de ratonnades contre des personnes d'origine arabe. On les voit aussi trinquer au "Troisième Reich".

Convoqué au commissariat, Aurélien Verhassel, président de La Citadelle et se présentant comme le représentant régional de Génération identitaire, a affirmé avoir été entendu pendant quatre heures mercredi sous le régime de l'audition libre, sans avocat. "Il m'a été demandé si je reconnaissais les personnes" placées en garde à vue et les policiers "m'ont posé de nombreuses questions sur Génération identitaire, les actions de GI, La Citadelle", a-t-il relaté à l'AFP, disant connaître deux des quatre personnes interpellées mardi. "Que ce soit moi ou La Citadelle, nous n'avons rien à nous reprocher, je n'ai rien à me reprocher", a-t-il répété. Le local privé - qui n'a pas pignon sur rue, se trouvant dans une cour - a été ouvert en 2016 à l'initiative de membres de Génération identitaire et revendique 1.200 adhérents.

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