15/01/2016 14:21

Libération et RSF renoncent à une vente caritative après une requête de l'ambassade d'Israël

Le quotidien Libération et l'ONG Reporters sans frontières ont renoncé à une vente caritative de unes du journal revisitées par des artistes prévue le 27 janvier, après une demande de retrait de l'une de ces oeuvres par l'ambassade d'Israël, ont affirmé RSF et Libération jeudi.

La une inciminée est une couverture de 2004 qui annonçait l'enterrement de Yasser Arafat, le leader palestinien qui était symbolisé par un keffieh avec le titre "Et maintenant?".

L'artiste Ernest Pignon-Ernest a ajouté sur cette une le visage du leader palestinien incarcéré Marwan Barghouti et écrit "en 1980, quand j'ai dessiné Mandela, on m'a dit qu'il était terroriste". Marwan Barghouti, en prison depuis 2002 pour l'organisation d'attaques anti-israéliennes durant la seconde intifada de 2000, est devenu pour les Palestiniens l'un des symboles de la résistance à l'occupation israélienne.

Reprochant à l'artiste la comparaison avec Mandela, l'ambassade d'Israël a demandé à la maison Artcurial, qui organisait la vente, de retirer l'oeuvre. "Ce portrait met aux enchères un projet terroriste, là où l'on cherche à faire croire qu'il s'agirait d'un homme de paix", écrit l'ambassade dans un courrier. Artcurial a accepté la demande de retrait de la une et l'a transmise à Libération et RSF, qui ont refusé, préférant reporter la vente et trouver un autre organisateur.

"Dans le contexte des récents attentats et de la prorogation de l'état d'urgence", le maintien dans la vente de cette oeuvre constituerait une "source potentielle de trouble à l'ordre public", a déclaré Francois Tajan, président délégué d'Artcurial. "Dans ces conditions, cette oeuvre ne sera pas présentée à la vente", indique Artcurial, précisant que cette décision ne traduisait "aucun jugement sur l'oeuvre elle-même". Pour RSF comme pour Libération, la vente du 27 janvier est "annulée".

"Une solution alternative est à l'étude", a indiqué RSF, dans un communiqué. "Nous mobilisons nos réseaux pour trouver une autre maison de ventes qui acceptera de prendre l'intégralité des artistes, condition de la tenue de cette vente", a poursuivi RSF.

"Je suis étonné qu'une ambassade étrangère puisse décider de ce que l'on expose ou pas. Et qu'une maison de ventes cède aux pressions", a déclaré pour sa part Ernest Pignon-Ernest à Libération. L'ambassade d'Israël n'était pas joignable jeudi soir pour commenter ce report.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de mpatml
15/janvier/2016 - 19h08
djceline13 a écrit :

Quand même............ Les ordres sont les ordres et que personne ne me parle de liberté artistique, de parole......

Ben oui! La liberté d'expression ou artistique en France, doit d'abord obtenir la validation et le tampon de l'ambassade d’Israël! Mais qu'est-ce que vous croyez? Merde! Quand même! smiley

Portrait de mpatml
15/janvier/2016 - 15h41

Ah ben ça! Quand les ordres viennent d'en-haut, qu'est-ce que vous voulez y faire? Faut obéir c'est tout!  smiley

Portrait de Maximedechamps@hotmail.com
15/janvier/2016 - 14h56
[email protected] a écrit :

Oui maîtres israéliens on retire tout se qui ne vous plait pas! Et encore pardon pour la second guerre mondiale pardon! Nous ne sommes que peut de chose ! Pardon peuple Élu !

smileysmiley

Portrait de Maximedechamps@hotmail.com
15/janvier/2016 - 14h55

Oui maîtres israéliens on retire tout se qui ne vous plait pas! Et encore pardon pour la second guerre mondiale pardon! Nous ne sommes que peut de chose ! Pardon peuple Élu !

Portrait de Maximedechamps@hotmail.com
15/janvier/2016 - 14h54

Oui maîtres israéliens on retire tout se qui ne vous plait pas! Et encore pardon pour la second guerre mondiale pardon! Nous ne sommes que peut de chose ! Pardon peuple Élu !