08/01/2015 06:56

"Je suis Charlie": D'où vient ce slogan qui a surgi sur le net hier quelques minutes après l'annonce de l'attentat contre Charlie Hebdo ?

"Je suis Charlie": dès l'annonce de l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo mercredi, des milliers d'internautes ont traduit leur émotion sur la Toile en ces quelques mots, une formule devenue slogan dans les rassemblements de soutien à l'hebdomadaire satirique.

Juste après l'attaque contre le journal qui a fait douze morts mercredi en fin de matinée, le hashtag #jesuischarlie a commencé à faire tache d'huile sur Twitter, de même qu'un logo sobre et frappant: "Je suis Charlie", trois mots en blanc et gris sur fond noir, à la typographie semblable à celle du nom du journal.

L'image a été reprise par l'hebdomadaire lui-même, dont le site internet se résumait à ce slogan-choc, décliné en plusieurs langues, dont l'arabe. Et par beaucoup de médias qui l'ont affiché en Une.

De nombreux utilisateurs s'en sont également emparés pour en faire leur photo de profil, dont l'ambassade des Etats-Unis en France. L'Opéra de Paris a mis le logo sur son site.

Dès 14h, le site jeanmarcmorandini.com a également mis ce logo en Une en signe de solidarité.

Joachim Roncin, directeur artistique et journaliste musique au magazine gratuit Stylist, qui a publié sur son compte @joachimroncin ce logo moins d'une demi-heure après l'attentat, à 11H52, a indiqué en être l'auteur.

"C'est très étrange ce qui est en train de se passer, ça me dépasse totalement", a confié le journaliste, qui dit être depuis extrêmement sollicité sur Twitter et trouve "bizarre" d'être devenu "une sorte de représentant de l'effroi".

"Je n'avais pas beaucoup de mots pour exprimer toute ma peine et j'ai juste eu cette idée de faire +Je suis Charlie+ parce que notamment, je lis beaucoup avec mon fils le livre +Où est Charlie+, ça m'est venu assez naturellement", a-t-il raconté.

"Ce que je voulais dire, c'est que c'est comme si on m'avait touché moi, je me sens personnellement visé, ça me tue, quoi", a expliqué ce professionnel de l'image, qui trouvait "logique de reprendre la typographie de Charlie, le logo".

Anonymes, célébrités, organes de presse, journalistes, hommes politiques, en français, en anglais: à 19H00, le hashtag #jesuischarlie avait déjà été utilisé plus de 456.000 fois.

Tandis que la page Facebook "Je suis Charlie" avait recueilli au même moment plus de 201.000 "like", relayant les appels aux rassemblements à Paris et ailleurs en France.

"Je suis musulmane et je défendrai toujours la liberté d'expression #JeSuisCharlie. Les terroristes parodient l'islam", écrit ainsi une Londonienne, qui publie une couverture de Charlie Hebdo montrant un jihadiste sur le point de décapiter Mahomet. Le mot-clé était aussi utilisé par le monde politique: "Horrifié.

Sans voix. Toutes mes pensées pour les victimes et leurs proches. #JeSuisCharlie", a tweeté le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Jour tragique pour la liberté d'expression #jesuischarlie", écrit le chef des Libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt. "#JeSuisCharlie #CharlieHebdo. RIP Charlie's Angels : Cabu Wolinski Charb Tignous. Morts pour la liberté de la presse. Non aux barbares", a tweeté Valérie Toranian, ex-directrice de la rédaction de ELLE.

Le mot d'ordre des internautes est rapidement descendu dans la rue: dès le début d'après-midi, une dizaine d'étudiants en journalisme brandissaient la phrase "Je suis Charlie" près du périmètre de sécurité entourant le siège de l'hebdomadaire, derrière une pancarte plus grande "Etudiants journalistes solidaires".

Dans la soirée, à Paris, Lille, Toulouse, Grenoble, mais aussi à Berlin devant l'ambassade de France, les pancartes noires "Je suis Charlie" étaient omniprésentes lors des manifestations de soutien au journal qui ont rassemblé des milliers de personnes.

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