bhv Un nouveau projet de reprise se dessine pour le BHV, célèbre grand magasin parisien placé en redressement judiciaire, avec l'ambition de préserver 250 emplois et de privilégier les produits fabriqués en France. Présentée hier, cette initiative est portée par Émilie Auvray, cofondatrice des boutiques L'Appartement français, et Charles Huet, spécialiste de la consommation locale et cofondateur de La carte française.
Les deux entrepreneurs souhaitent réunir 15 millions d'euros auprès d'investisseurs privés, de partenaires économiques et de collectivités publiques pour créer un « Grand Magasin du Made in France ». Leur proposition consiste à exploiter environ un tiers du bâtiment historique de la rue de Rivoli, dont les murs appartiennent au fonds immobilier canadien Brookfield.
Le projet prévoit l'installation de quelque 900 marques sur cinq demi-niveaux, avec une offre composée à 90 % de produits fabriqués en France, à 5 % de produits européens et à 5 % d'articles de seconde main. Bricolage, décoration, mode, beauté ou équipements de la maison : les repreneurs potentiels souhaitent conserver la diversité commerciale qui a fait la réputation du Bazar de l'Hôtel de Ville depuis plus de 170 ans.
Ils entendent proposer une « offre locale et durable », à rebours du modèle de la mode à bas prix, dans un établissement récemment fragilisé par son partenariat controversé avec le géant asiatique Shein. Cette initiative intervient alors que la société exploitant le BHV parisien et celui de Parly 2, dans les Yvelines, a été placée lundi en redressement judiciaire, sur fond de graves difficultés financières.
L'entreprise emploie actuellement 660 salariés, ce qui signifie que le projet annoncé ne permettrait, à lui seul, de préserver qu'un peu moins de 40 % des postes existants. Les deux entrepreneurs affirment bénéficier du soutien de l'intersyndicale du BHV et de l'intérêt de nombreuses marques françaises, même si aucun accord définitif de reprise n'a encore été conclu.
La mairie de Paris accueille favorablement cette proposition, son adjoint chargé de l'emploi, Nicolas Bonnet Oulaldj, promettant de veiller à « la préservation du maximum d'emplois ». La direction actuelle du BHV affirme cependant n'avoir « jamais entendu parler » de ce projet et s'inquiète de ses conséquences sociales, notamment de l'absence de proposition concernant le magasin de Parly 2.
La crise du grand magasin s'est aggravée après le départ de plusieurs marques, confrontées à des impayés, tandis qu'un différend financier oppose sa direction au propriétaire canadien des murs. Le tribunal a ouvert une période d'observation de six mois, susceptible d'être prolongée, avec une prochaine audience fixée au 18 décembre pour examiner la poursuite de la procédure.
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