bfm tv Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint de nouveaux records en 2025 et continuent de progresser en 2026, selon un rapport des Nations unies, qui alerte sur l'accélération du réchauffement climatique.
D'après l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les trois principaux gaz responsables du réchauffement d'origine humaine, le dioxyde de carbone (CO₂), le méthane (CH₄) et le protoxyde d'azote (N₂O), ont tous atteint des concentrations sans précédent.
Le taux moyen mondial de CO₂ s'est établi à 426,8 parties par million (ppm) en 2025, soit une concentration supérieure de 53 % à celle de l'époque préindustrielle, vers 1750.
« Une nouvelle année, un nouveau record », a déploré Ko Barrett, secrétaire générale adjointe de l'OMM, soulignant que ces gaz retiennent désormais une quantité de chaleur sans précédent dans l'atmosphère.
Entre 2024 et 2025, la concentration de CO₂ a augmenté de 2,8 ppm, une progression supérieure à la moyenne des dix dernières années, même si elle reste inférieure à la hausse exceptionnelle enregistrée l'année précédente.
Cette accumulation s'explique principalement par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, mais également par la déforestation et la diminution de la capacité de certains écosystèmes à absorber le carbone.
Environ la moitié du CO₂ rejeté chaque année demeure dans l'atmosphère, tandis que l'autre moitié est absorbée par les océans et les écosystèmes terrestres, dont l'efficacité peut être affaiblie par les sécheresses et les incendies.
« Chaque ppm supplémentaire a son importance, car elle retient davantage de chaleur », a averti Ko Barrett, rappelant que le dioxyde de carbone peut influencer le climat pendant des siècles.
Le méthane a lui aussi atteint un record, avec 1.948 parties par milliard, soit une concentration 2,67 fois supérieure à celle de 1750, notamment sous l'effet de l'élevage, de l'agriculture et de l'exploitation des énergies fossiles.
Troisième gaz majeur, le protoxyde d'azote a atteint 339,1 parties par milliard, soit une hausse de 26 % par rapport à l'époque préindustrielle, principalement liée aux activités agricoles et à l'utilisation d'engrais.
Les scientifiques s'inquiètent également de l'hexafluorure de soufre, utilisé notamment dans les équipements électriques, dont le pouvoir de réchauffement est plus de 24.000 fois supérieur à celui du CO₂ à quantité égale.
L'OMM rappelle que les onze dernières années ont été les plus chaudes jamais observées, une évolution qui accentue les risques de canicules, de sécheresses, d'inondations et de phénomènes météorologiques extrêmes.
La situation pourrait encore s'aggraver avec le développement d'un nouvel épisode El Niño, susceptible d'intensifier les sécheresses et les incendies, réduisant ainsi la capacité des forêts à absorber le carbone.
Ces conclusions interviennent à moins de deux semaines de la COP31, organisée du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie, où les gouvernements devront discuter des moyens d'accélérer la réduction des émissions mondiales.
Vos réactions
Réagissez
Nouveau ?
Inscrivez-vousDéjà membre ?
Mot de passe oublié ?