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Les Français réclament de la transparence concernant l'usage de l'intelligence artificielle dans la littérature après l'affaire Thélyson Orélien

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L'intelligence artificielle suscite une méfiance grandissante dans le monde littéraire : 92 % des Français souhaitent que son utilisation soit obligatoirement mentionnée sur la couverture des livres, selon un sondage. Réalisée par Ipsos bva et CESI école d'ingénieurs, cette enquête révèle l'attachement des lecteurs à l'authenticité de la création littéraire, dans un contexte de controverses sur les romans assistés par des algorithmes.

Ainsi, 69 % des personnes interrogées considèrent qu'un ouvrage rédigé avec l'intelligence artificielle « n'est pas de la vraie littérature », tandis que seulement 25 % estiment qu'il peut avoir autant de valeur qu'un livre entièrement écrit par un humain. La défiance n'est toutefois pas absolue : 55 % des sondés reconnaissent qu'une œuvre peut rester littéraire si « l'humain reste l'auteur principal ».

Cette étude intervient après la polémique entourant le romancier canado-haïtien Thélyson Orélien, accusé de plagiat et soupçonné d'avoir utilisé l'IA pour son roman C'était ça ou mourir, ce qu'il conteste.

Son ouvrage, initialement sélectionné pour le prix Goncourt, avait été écarté en septembre, déclenchant un débat sur les frontières entre assistance technologique et création humaine. L'affaire a largement dépassé les milieux littéraires puisque 62 % des Français interrogés déclarent en avoir entendu parler.

Pour l'institut de sondage, « la polémique a largement dépassé le cercle des amateurs de littérature pour s'imposer comme un véritable sujet de société ». Près de la moitié des répondants, soit 46 %, estiment même qu'un livre simplement soupçonné d'avoir été écrit avec l'IA devrait être retiré des sélections des prix littéraires.

La confiance apparaît également déterminante : 62 % des personnes interrogées se sentiraient déçues ou trompées si elles découvraient qu'un roman qu'elles avaient adoré avait été entièrement produit par une machine.

« La transparence s'impose comme une exigence incontournable », souligne Ipsos, alors que les éditeurs réfléchissent aux moyens d'identifier et de signaler les contenus générés artificiellement. Cette préoccupation dépasse les frontières françaises : aux États-Unis, une enquête auprès de 5.025 acheteurs de livres révèle que 85 % souhaitent être informés de l'intervention éventuelle de l'intelligence artificielle.

Certains écrivains choisissent déjà de garantir une création humaine, à l'image du romancier Gaspard Koenig, dont le livre Consonno porte le label « Livre sanctuaire 100 % humain ». Les éditeurs doivent désormais trouver un équilibre entre les possibilités offertes par ces technologies, le respect des droits d'auteur et la nécessité de préserver la confiance des lecteurs.

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