bfm tv Le milliardaire Olivier Bouygues, 76 ans, doit connaître aujourd'hui le jugement du tribunal correctionnel d’Orléans, après avoir été poursuivi pour destruction d’espèces protégées sur son domaine de chasse en Sologne.
Jugé les 7 et 8 septembre aux côtés de cinq employés, le frère de Martin Bouygues est soupçonné d’avoir laissé prospérer un système d’élimination d’animaux considérés comme nuisibles au gibier.
La procureure Emmanuelle Bochenek-Puren a requis cinq ans de prison avec sursis, 750.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une activité liée à la chasse pendant cinq ans. Dénonçant des méthodes « interdites » et « barbares », la magistrate a estimé que l’« atteinte à la biodiversité » avait été « majeure ».
L’enquête, déclenchée par un signalement anonyme en 2025, a révélé l’existence d’un charnier sur le domaine de Fontenaille, une propriété de 650 hectares située à La Ferté-Saint-Aubin, dans le Loiret.
Les enquêteurs y ont découvert des cadavres de faucons crécerelles, de buses, de grandes aigrettes, de busards et de cormorans, plusieurs espèces bénéficiant d’une protection légale.
Une centaine de pièges à mâchoires, interdits depuis 1995, ainsi que des armes, des produits toxiques et des documents répertoriant les animaux à éliminer ont également été retrouvés.
Selon l’accusation, des primes pouvant atteindre une centaine d’euros étaient versées pour certaines destructions, afin de préserver les populations de petit gibier destinées aux parties de chasse.
La procureure a dénoncé une « organisation qui perdure » depuis plusieurs années, tandis que les autres prévenus ont évoqué des pratiques « ancestrales » de régulation des prédateurs.
Olivier Bouygues conteste toute responsabilité, affirmant avoir découvert les faits lors de l’ouverture de l’enquête et n’avoir « jamais vu » le charnier, qu’il préfère qualifier de « fosse écologique ». « J’ai d’autres chats à fouetter que de gérer au quotidien » les affaires de la propriété, a-t-il déclaré devant les juges.
Son avocat, Me Éric Grassin, a dénoncé des réquisitions « excessives » et demandé la relaxe, contestant que son client ait ordonné la destruction d’espèces protégées.
Une quinzaine d’associations environnementales se sont constituées parties civiles, tout comme la Fédération des chasseurs du Loiret, qui invoque un « préjudice d’image » pour la chasse.
Pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, cette affaire doit rappeler que la réglementation sur la biodiversité s’applique à tous, quelle que soit leur fortune.
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