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La Cour des comptes a appelé l’Etat français à réduire sa dépendance à Microsoft en migrant en trois à quatre ans vers des logiciels bureautiques libres

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La Cour des comptes appelle l'État français à réduire sa dépendance aux logiciels de Microsoft en adoptant progressivement des solutions alternatives, moins coûteuses et davantage respectueuses de la souveraineté numérique. Dans un rapport rendu public, les magistrats financiers recommandent aux administrations de migrer vers des logiciels bureautiques libres dans un délai de trois à quatre ans, à partir de 2027.

Cette transition permettrait d'économiser jusqu'à 130 millions d'euros par an par rapport à l'utilisation généralisée de Microsoft 365, selon les estimations présentées. La Cour souhaite qu'une suite bureautique libre, hébergée directement par l'État ou par un prestataire français qualifié, devienne « à terme la norme » dans les administrations publiques.

Elle considère cette évolution comme « un gage d'indépendance des administrations publiques » et une solution « économiquement plus vertueuse ». En 2025, l'État a consacré environ 100 millions d'euros à ses outils bureautiques et collaboratifs, dont 61 millions pour les licences logicielles, près de 80 % de cette dernière somme bénéficiant à Microsoft.

Ces dépenses concernent environ 860.000 postes informatiques dans les ministères et leurs services, pour un coût moyen de 116 euros par utilisateur et par an. Selon la Direction interministérielle du numérique, une solution libre hébergée sur un cloud souverain coûterait environ 100 euros par poste et par an, contre 250 euros pour Microsoft 365.

Au-delà des économies, les magistrats s'inquiètent de la dépendance technologique de l'administration française envers une entreprise américaine soumise aux lois des États-Unis. Le Cloud Act américain permet notamment, sous certaines conditions légales, aux autorités américaines d'exiger la communication de données détenues par des entreprises américaines, même lorsqu'elles sont stockées à l'étranger.

Pour limiter ces risques, la Cour recommande des infrastructures bénéficiant de la qualification SecNumCloud, délivrée par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). Plusieurs administrations ont déjà engagé cette transformation, notamment la Gendarmerie nationale et la Direction générale des finances publiques, qui utilisent largement le logiciel libre LibreOffice.

À la Direction générale des finances publiques, 87 % des agents interrogés se déclarent satisfaits de cette solution, tandis que les économies réalisées peuvent être importantes. La plupart des ministères envisagent toutefois de conserver Microsoft en migrant vers Bleu, une offre développée par Orange et Capgemini, mais qui ne supprimerait pas la dépendance à l'éditeur américain.

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