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Après de graves difficultés et une valse des dirigeants, l’enseigne GiFi annonce à ses salariés solliciter son placement en redressement judiciaire

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L'enseigne française GiFi traverse une crise financière majeure et a annoncé hier à ses salariés son intention de demander son placement en redressement judiciaire, faisant peser de lourdes incertitudes sur l'avenir de ses 6.000 employés.

Fondé en 1981 par Philippe Ginestet, le spécialiste des articles de décoration et d'équipement de la maison à petits prix exploite aujourd'hui 513 magasins en France. « Pour protéger l'entreprise et poursuivre son activité », la direction a décidé de solliciter l'ouverture d'une procédure judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse, a expliqué son nouveau dirigeant Patrick Puy.

Ce spécialiste des restructurations, passé notamment par Moulinex, Vivarte et Go Sport, a pris la présidence du directoire le 12 octobre, après plusieurs changements successifs à la tête du groupe. Les difficultés de GiFi remontent notamment à 2023, lorsqu'une migration informatique ratée a profondément désorganisé les approvisionnements, la gestion des stocks et le fonctionnement des magasins.

À ces problèmes opérationnels s'ajoute une concurrence particulièrement agressive des enseignes Action et Maxibazar, mais également des plateformes chinoises de commerce en ligne comme Temu. L'entreprise aurait enregistré environ 100 millions d'euros de pertes en 2025, pour un chiffre d'affaires proche d'un milliard d'euros, selon les informations publiées sur sa situation financière.

En janvier 2025, ses banques créancières, notamment BNP Paribas et Crédit Agricole, avaient déjà accepté d'effacer 470 millions d'euros de dettes en échange d'une participation de 40 % au capital. Malgré cette restructuration financière, les difficultés de trésorerie se sont poursuivies, contraignant la direction à rechercher de nouvelles solutions pour assurer la survie du distributeur.

En 2025, GiFi avait envisagé la suppression d'environ 300 postes avant d'interrompre ce projet, puis engagé la cession de 32 magasins à l'enseigne alimentaire Grand Frais.

Face aux inquiétudes des salariés, Patrick Puy assure que la procédure envisagée n'entraînera « aucune conséquence immédiate sur l'emploi » et qu'aucun nouveau plan social n'est engagé.

« Nos magasins restent ouverts. L'activité se poursuit. Vos contrats de travail sont inchangés », a également insisté le dirigeant dans un message adressé au personnel. La situation suscite une vive inquiétude à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, où GiFi possède son siège historique et constitue le premier employeur privé de la commune, avec environ 600 salariés.

Selon les informations de la presse régionale, une première audience devant le tribunal de commerce de Toulouse pourrait se tenir vendredi 23 octobre, avant une décision attendue début novembre.

Le redressement judiciaire, s'il est prononcé, ne signifierait pas automatiquement la disparition de GiFi, mais ouvrirait une période décisive pour tenter de sauver l'activité, restructurer ses dettes et préserver un maximum d'emplois.

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