Rima Hassan Plus de sept ans après l'explosion meurtrière de la rue de Trévise, dans le IXe arrondissement de Paris, le procès de la Ville de Paris et du syndic de copropriété s'est ouvert aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de la capitale.
Le 12 janvier 2019, à 8h59, une violente explosion provoquée par une fuite de gaz avait dévasté un immeuble, faisant quatre morts, dont deux sapeurs-pompiers, et environ 200 blessés. La déflagration avait également endommagé une quinzaine d'immeubles et laissé quelque 400 personnes sinistrées, certaines contraintes d'attendre plusieurs années avant de retrouver leur logement.
La municipalité parisienne et la société CIPA Agence Étoile comparaissent notamment pour « homicides involontaires », « blessures involontaires » et « destruction par l'effet d'une explosion ou d'un incendie ». Selon les investigations judiciaires, le drame aurait été provoqué par l'affaissement progressif du sol sous une canalisation de gaz, entraînant sa rupture brutale.
Les magistrats reprochent à la Ville de Paris de ne pas avoir recherché les causes de cet affaissement, malgré plusieurs interventions réalisées sur le trottoir entre 2015 et 2016.
Le syndic est, de son côté, accusé d'avoir tardé à faire réparer une fuite sur un collecteur d'eaux usées, identifiée dès novembre 2015 et susceptible d'avoir fragilisé le terrain. Les deux prévenus contestent leur responsabilité et entendent demander leur relaxe, la municipalité affirmant que ses services ont agi « avec diligence et professionnalisme ».
« Aucun manquement de leur part n'est à l'origine de l'accident », assurent les avocats de la Ville, Sabrina Goldman et Patrick Klugman. Pour les quelque 200 parties civiles, ce procès représente une étape essentielle dans un combat judiciaire et humain engagé depuis près de huit ans. « Ce procès arrive sept ans après, c'est trop lent », déplore Me Samia Maktouf, avocate de plusieurs victimes, qui espère que leurs préjudices seront enfin pleinement reconnus.
« Aujourd'hui, j'ai tout le temps peur, comme si un choc allait se produire d'un instant à l'autre », témoigne Amor Ben Taziri, ancien réceptionniste grièvement blessé lors de l'explosion. Au-delà des responsabilités pénales, les victimes dénoncent les lenteurs de leur indemnisation, malgré la création en 2022 d'un fonds doté de 20 millions d'euros.
Prévu jusqu'au 7 décembre, le procès bénéficiera exceptionnellement d'une retransmission audio différée, permettant notamment aux victimes résidant à l'étranger de suivre les audiences.
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