11:16

La Commission européenne approuve les engagements pris par le géant pharmaceutique Sanofi pour cesser de dénigrer un vaccin antigrippal d'une entreprise rivale

-

Le géant pharmaceutique français Sanofi échappe à une lourde amende de l'Union européenne après avoir accepté de modifier ses pratiques commerciales concernant les vaccins contre la grippe.

La Commission européenne a annoncé avoir accepté les engagements du laboratoire, soupçonné d'avoir dénigré un vaccin concurrent commercialisé par l'entreprise australienne CSL Seqirus. Au cœur de l'affaire figurent deux produits destinés notamment aux personnes âgées : l'Efluelda de Sanofi et le Fluad de son rival australien.

Bruxelles soupçonnait le groupe français d'avoir mené, entre 2024 et l'automne 2025, une campagne de communication trompeuse auprès des professionnels de santé, principalement en Allemagne et en France.

L'objectif présumé était de présenter le Fluad comme moins efficace que l'Efluelda, malgré les recommandations des autorités sanitaires considérant les deux vaccins comme équivalents pour protéger les personnes âgées. Une enquête avait été ouverte le 26 juin dernier pour déterminer si ces pratiques constituaient un abus de position dominante et une entrave à la concurrence.

« Il n'y a pas de place pour les informations trompeuses, ni pour les entreprises qui déforment les recommandations de santé publique afin de promouvoir leurs propres produits », a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne.

Pour mettre fin à la procédure, Sanofi s'est engagé à ne plus diffuser de messages dénigrant le Fluad ou laissant entendre que son propre vaccin serait plus sûr ou plus efficace.

Ces restrictions, désormais juridiquement contraignantes, s'appliqueront jusqu'en mars 2030 dans ses communications destinées aux professionnels de santé français et allemands. Le laboratoire devra également publier pendant 24 mois, sur ses sites internet français et allemand, une déclaration reconnaissant que les recommandations nationales considèrent les deux vaccins comme équivalents pour protéger les personnes âgées contre la grippe.

Cette communication corrective devra aussi être transmise aux professionnels de santé concernés, afin de remédier aux conséquences potentielles des messages précédemment diffusés. Sanofi souligne avoir « coopéré avec la Commission tout au long de l'enquête » et se félicite de la clôture de la procédure « sans constater aucune infraction ».

De son côté, CSL Seqirus « salue la décision » de Bruxelles, estimant qu'elle « favorise également une concurrence équitable sur le marché des vaccins ». Si Sanofi échappe aujourd'hui à une sanction, le non-respect de ses engagements pourrait lui coûter jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires annuel mondial, voire entraîner des astreintes financières quotidiennes.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions