Nicole Taylor La vente de boissons énergisantes comme Red Bull ou Monster pourrait être interdite aux moins de 16 ans en France, selon les recommandations d’un rapport parlementaire présenté aujourd’hui à l’Assemblée nationale.
Les députés Sandrine Runel et Yannick Neuder veulent renforcer la protection des adolescents face à des produits riches en caféine et particulièrement populaires auprès des jeunes. Leur mission d’information s’est penchée à la fois sur les boissons énergisantes et sur les boissons alcoolisées prêtes à boire, dont les modes de consommation et le marketing préoccupent les parlementaires.
La mesure phare proposée consiste à inscrire dans la loi l’interdiction de vendre des boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Ces produits contiennent généralement de la caféine, parfois associée à de la taurine, du guarana, des vitamines et d’importantes quantités de sucre.
Une canette classique de 250 ml peut ainsi contenir autour de 80 mg de caféine, tandis que certaines références commercialisées dans des formats plus importants en apportent nettement davantage. Chez les enfants et adolescents, une consommation élevée de caféine peut notamment favoriser nervosité, irritabilité, troubles du sommeil, palpitations ou effets cardiovasculaires.
Les rapporteurs s’inquiètent également des stratégies commerciales déployées autour de ces boissons, notamment sur les réseaux sociaux très fréquentés par les adolescents. L’apparition de marques promues par des influenceurs suivis par des millions de jeunes contribue à renouveler et à amplifier ce phénomène.
La France n’interdit actuellement pas de manière générale à un mineur d’acheter une boisson énergisante, contrairement aux restrictions existant pour l’alcool et le tabac. Une interdiction aux moins de 16 ans rapprocherait la France de plusieurs territoires qui ont choisi de durcir leur réglementation face aux inquiétudes sanitaires.
En Angleterre, le gouvernement a décidé d’interdire à partir d’avril 2027 la vente aux moins de 16 ans des boissons énergisantes contenant plus de 150 mg de caféine par litre.
Au Québec, une interdiction comparable doit entrer en vigueur en décembre, tandis que d’autres pays européens ont également adopté ou étudié des restrictions visant les consommateurs les plus jeunes. Les fabricants mettent de leur côté en avant les règles d’étiquetage existantes et contestent la nécessité de nouvelles contraintes générales sur leurs produits.
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