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Chantage à la sextape: La cour d’appel de Lyon confirme la condamnation de l’ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau à quatre ans de prison ferme

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La cour d’appel de Lyon a confirmé la condamnation de l’ancien maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau à quatre ans de prison ferme dans l’affaire du chantage exercé contre son ancien premier adjoint Gilles Artigues à l’aide d’une vidéo intime. La justice a maintenu la peine prononcée en première instance, tout en portant son inéligibilité de cinq à dix ans.

"Madame, vous venez de condamner un innocent", a réagi l’ancien élu LR de 54 ans après l’annonce du verdict et de son incarcération immédiate. Déjà emprisonné pendant deux mois après sa première condamnation en décembre 2025, Gaël Perdriau continue de nier avoir commandité le piège révélé par Mediapart en 2022.

Son avocat, Jean-Félix Luciani, a annoncé un pourvoi en cassation ainsi qu’une demande de remise en liberté. La cour a néanmoins reconnu l’ancien maire "coupable d'avoir participé à une association de malfaiteurs" dans le but "d'exercer un chantage public au préjudice de Gilles Artigues".

Ce dernier avait été filmé à son insu en janvier 2015 dans un hôtel parisien en compagnie d’un prostitué. "J'ai beaucoup souffert, je ressors de ces années très fatigué, très abattu", a confié Gilles Artigues après la décision, estimant que Gaël Perdriau "paye cher, mais j'espère que cela pourra servir d'exemple".

Durant l’enquête, trois anciens collaborateurs du maire avaient reconnu leur participation au complot et affirmé avoir agi à sa demande. Gaël Perdriau a toujours contesté cette version, tout en reconnaissant avoir appris l’existence de la vidéo dès 2015 et avoir cru à un enregistrement entre "adultes consentants".

Il a également admis avoir évoqué la vidéo en 2018 pour "menacer" son premier adjoint, mais "stupidement" et dans "un geste de colère". Son avocat souhaitait que la justice retienne la qualification de "menace" plutôt que celle de "chantage", mais la cour n’a pas suivi cette argumentation.

L’ancien maire a également été reconnu coupable de "détournement de fonds publics" pour la rémunération de complices par l’intermédiaire de subventions municipales fictives. Outre 50.000 euros d’amende, il devra rembourser à la Ville 40.000 euros détournés ainsi que 348.000 euros engagés pour la défense de Gilles Artigues.

Les peines des autres protagonistes ont également été examinées : les trois ans de prison ferme de Samy Kéfi-Jérôme ont été confirmés, tandis que celle de Gilles Rossary-Lenglet a été réduite de trois à deux ans ferme. L’ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, condamné à deux ans de prison ferme, n’avait de son côté pas fait appel.

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