sfr La tension monte chez SFR : les trois syndicats de l’opérateur, CFDT, CFTC et Unsa, appellent les salariés à faire grève dans l’après-midi du 24 septembre pour peser sur les négociations entourant le rachat du groupe. En cause, les garanties sociales proposées par Bouygues Telecom, Free et Orange, qui se préparent à se partager l’essentiel des activités de l’opérateur au carré rouge.
Après plusieurs mois de discussions, Altice a conclu début juin un protocole d’accord valorisant SFR à 20,35 milliards d’euros, auquel pourrait s’ajouter un complément de prix pouvant atteindre 650 millions. Mais derrière cette opération majeure pour le marché français des télécoms, les représentants du personnel redoutent désormais plusieurs milliers de suppressions de postes.
Lors d’une réunion organisée mercredi avec les syndicats, le consortium a notamment proposé une seule offre de reclassement par salarié concerné. Une proposition jugée largement insuffisante par la CFDT, qui souligne que plusieurs possibilités sont habituellement proposées aux salariés dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.
Les syndicats réclament donc un dispositif de reclassement beaucoup plus ambitieux ainsi que des garanties sur les conditions sociales et les avantages des salariés après leur transfert. À la clôture de l’opération, environ 2.300 salariés de SFR Business doivent rejoindre Bouygues Telecom, tandis que 53 salariés de RED seraient transférés chez Free et plus de 230 chez Orange.
Les trois opérateurs prévoient également de reprendre 120 boutiques SFR, à raison d’une quarantaine chacun, mais le nombre exact de salariés concernés reste encore à déterminer.
Plusieurs milliers d’autres employés doivent rester temporairement dans une structure commune contrôlée par les trois repreneurs, le temps d’organiser le démantèlement progressif de SFR. Les acheteurs ont promis une garantie de l’emploi jusqu’au début de 2029, un engagement qui ne suffit pas à rassurer les organisations syndicales sur le devenir des postes au-delà de cette échéance.
L’inquiétude concerne également les salariés des filiales techniques d’Altice qui ne font pas partie du périmètre de reprise et dont l’activité dépend très fortement de SFR. Deux nouvelles réunions entre les représentants du personnel et le consortium sont programmées les 21 et 25 septembre, encadrant ainsi la journée de mobilisation.
Le processus reste par ailleurs suspendu au feu vert de l’Autorité de la concurrence, qui estime que l’examen de cette opération susceptible de ramener le marché français de quatre à trois grands opérateurs prendra au moins dix-huit mois. La finalisation du rachat est espérée au second semestre 2027.
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