paris La vendange française devrait de nouveau fortement reculer en 2026, sous l’effet conjugué des chaleurs exceptionnelles, de la sécheresse et de la réduction des surfaces viticoles.
Selon les premières estimations, la production nationale devrait atteindre seulement 33,9 millions d’hectolitres de vin. Cela représente une baisse de 6 % par rapport à la récolte déjà très faible de 2025 et de 17 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La France s’achemine ainsi vers l’une de ses plus faibles productions viticoles des trente dernières années et enchaînerait une troisième petite récolte consécutive.
Les espoirs étaient pourtant plus importants au printemps, avant que les épisodes successifs de canicule et le manque d’eau ne viennent fortement réduire le potentiel des vignes. La chaleur accélère la maturation du raisin tandis que le stress hydrique diminue la taille des baies, entraînant mécaniquement une diminution des volumes récoltés.
L’été 2026, le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, a été marqué par 53 jours de vague de chaleur et un déficit de précipitations proche de 40 %. La Champagne apparaît particulièrement touchée, avec une production attendue en chute de 49 % sur un an et de 47 % par rapport à la moyenne quinquennale.
La Bourgogne et le Beaujolais devraient également enregistrer une baisse d’environ un tiers, tandis que le Val de Loire reculerait de 12 % et les Charentes de 6 %. La situation est plus favorable dans le Languedoc-Roussillon, où la production pourrait rebondir de 5 % après une vendange 2025 particulièrement faible.
Le Bordelais devrait lui aussi enregistrer une hausse d’environ 10 % sur un an, aidé par les pluies de la fin août, même si les volumes restent très inférieurs à leur moyenne récente. Aux difficultés climatiques s’ajoute la réduction volontaire du vignoble français, engagée pour répondre à la crise de surproduction et à la baisse structurelle de la consommation de vin.
Les surfaces viticoles en production auraient ainsi diminué de 2,5 % cette année, notamment sous l’effet des campagnes d’arrachage menées dans plusieurs grands bassins.
Les fortes chaleurs ont également contraint de nombreux viticulteurs à commencer les vendanges exceptionnellement tôt afin de préserver l’équilibre et la qualité des raisins.
Deuxième producteur mondial derrière l’Italie et premier exportateur de vin en valeur, la France voit ainsi son secteur viticole confronté simultanément au changement climatique, à la baisse de la consommation et à une profonde restructuration de son vignoble.
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