onu Plusieurs grands agents conversationnels d’intelligence artificielle permettent encore d’accéder à des contenus provenant de médias d’État russes pourtant frappés par des sanctions européennes. Une enquête de Reporters sans frontières (RSF) met notamment en cause ChatGPT, Claude et Grok.
Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, l’Union européenne a progressivement interdit la diffusion sur son territoire de plusieurs médias considérés comme des relais de la propagande du Kremlin. La liste comprend aujourd’hui 27 médias, parmi lesquels RT, Sputnik, RIA Novosti, Izvestia, Rossiya 1 ou encore Russia 24.
RSF a pourtant constaté qu'il était possible d'utiliser certains chatbots pour retrouver des informations provenant directement de ces médias. Lors de tests réalisés en juin puis en août, l'organisation a demandé aux intelligences artificielles de produire des revues de presse consacrées à l'actualité internationale à partir de publications russes sanctionnées.
Plusieurs outils ont alors fourni des titres, des extraits et des liens renvoyant vers ces contenus, sans toujours signaler à l'utilisateur que leurs sources faisaient l'objet de sanctions dans l'Union européenne. Le phénomène met en évidence une faille dans l'application des mesures européennes : un contenu inaccessible directement peut ainsi réapparaître par l'intermédiaire d'une intelligence artificielle.
Le problème dépasse d'ailleurs la seule question de l'accès aux sites interdits, les modèles d'IA étant susceptibles de reprendre des récits de désinformation comme s'ils constituaient des éléments légitimes du débat.
Une étude britannique publiée cet été avait déjà montré que plusieurs grands modèles, dont ceux de Google, OpenAI, Anthropic, xAI et Mistral, pouvaient restituer des affirmations provenant de réseaux de propagande pro-russes.
Les chercheurs avaient notamment testé des récits mensongers particulièrement spectaculaires concernant l'Ukraine et constaté leur présence dans certaines réponses produites par les IA.
D'autres travaux ont montré que des réseaux liés à la Russie tentent désormais d'inonder Internet de contenus afin d'améliorer leur visibilité auprès des moteurs de recherche et des modèles d'intelligence artificielle. Cette stratégie pourrait permettre à des opérations de désinformation d'influencer indirectement les réponses proposées à des millions d'utilisateurs.
En France, l'Arcom avait déjà ordonné en février le blocage de 35 sites russes ainsi que le déréférencement de plusieurs plateformes permettant d'accéder à des chaînes visées par les sanctions européennes.
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