pompiers La "société en mutation" et les conflits du monde, du Proche-Orient à l'Ukraine, seront la semaine prochaine au coeur du 38e festival de photojournalisme de Perpignan, qui organise également une première convention destinée "à défendre l'image de presse" face aux bouleversements de l'IA.
Visa pour l'Image, l'unique festival mondial consacré à la photo de presse, est un journal visuel de l'année qui s'est écoulée depuis la dernière édition, rappelle pour l'AFP Delphine Lelu, directrice générale de la manifestation, dont la semaine professionnelle s'ouvre lundi. "Les conflits, les migrations, les atteintes au vivant, les fractures sociales, les transformations, les zones de guerre, les crises, la société en mutation" tracent la trame des expositions et des projections nocturnes de Visa, poursuit-elle.
Pour l'édition 2026, inaugurée samedi pour la première fois sans son historique patron et cofondateur, Jean-François Leroy, souffrant, le festival braque son objectif sur les guerres du Proche et Moyen-Orient, notamment.
Ce sera le Liban d'abord, avec deux expositions présentant le regard d'un photographe local, Mohammad Yassine (L'Orient-Le Jour), sur la dernière guerre touchant le pays depuis mars, et celui de Diego Ibarra Sanchez pour le New York Times, qui a couvert le Liban de 2015 à 2026.
Mais ce sera aussi la Syrie parcourue par Philémon Barbier, récompensé du Visa d'or de la ville de Perpignan-Rémi Ochlik pour son travail, Israël vu à travers le "Journal de guerre" du photojournaliste Yoray Liberman, ou encore Gaza où les clichés de Khames Alrefi consacrés aux "premières victimes" que sont les civils, ont été salués par le Visa d'or humanitaire du CICR. Les expositions - toutes gratuites - s'intéresseront également à des zones de guerre qui font moins la Une, comme le Donbass, le Cambodge ou le Soudan.
Elles partiront également sur les traces de "la géographie de la cocaïne", explorée par le Danois Mads Nissen, ou sur les ravages du kush en Afrique, immortalisés par Gaël Turine qui poursuit son travail sur les effets destructeurs des drogues de synthèse, après ses clichés saisissants des victimes du fentanyl aux Etats-Unis, montrés en 2024.
Dans ses espaces d'exposition installés au coeur des monuments historiques du centre de Perpignan, Visa fera également découvrir d'autres facettes de la planète, comme "les mariages virtuels au Japon" (Jérome Gence pour Le Figaro Magazine), ou le travail au long cours de Jérémy Lempin sur l'illettrisme.
Et pour quitter les soubresauts du monde, les visiteurs pourront plonger dans les profondeurs océanes à travers les photos graphiques de Laurent Ballesta, lauréat du prix "Ecologie 360 - Reporters d'Espoir", pour son exposition "Loin du ciel" qui retrace 25 ans d'expéditions sous-marines.
"Le mantra de Visa pour l'Image, depuis trente-huit ans, reste : la découverte de jeunes photographes, la confirmation et la mise en lumière de photographes reconnus, et la redécouverte d'anciens photographes +historiques+", explique Jean-François Leroy, dans un livre à paraître sur la manifestation, intitulé "Le Devoir de regarder".
Le festival exposera donc aussi des professionnels devenus des références, comme Etienne Montés qui a abandonné le photo-reportage dans les années 80 pour se consacrer à la vigne, ou encore Raymond Depardon qui, au fil de sa longue carrière, n'avait encore jamais été exposé à Perpignan.
Autre première fois cette année, le festival organise la "première convention du photojournalisme" pour "penser et défendre l'avenir de l'image de presse" à l'heure "où les technologies d'intelligence artificielle générative bousculent la notion même de preuve par l'image".
Les professionnels du secteur - photo-journalistes, directeurs d'agences et de départements photo dans de grands médias ou encore juristes - sont ainsi invités lundi à échanger sur les transformations et défis imposés par l'IA.
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