brésil Le gouvernement brésilien durcit le ton contre Discord, auquel il réclame environ 80 millions d’euros, pour « dommage moral collectif ». L’Advocacia-Geral da União (AGU), qui défend les intérêts de l’État, a déposé une action civile devant la justice fédérale de Brasilia après l’échec de négociations avec la plateforme.
Les autorités reprochent à Discord des défaillances dans ses mécanismes de vérification de l’âge et de protection des mineurs contre des contenus ou comportements présentant des risques graves. L’affaire intervient après la mort en juillet d’une adolescente de 13 ans dans l’État du Mato Grosso do Sul, qui aurait été poussée à s’automutiler puis à se suicider lors d’une diffusion en direct.
L’enquête a conduit début août à l’interpellation de plusieurs suspects, dont des adolescents, soupçonnés d’avoir participé aux faits. Le drame avait déjà poussé l’Agence nationale brésilienne de protection des données (ANPD) à ordonner la suspension des transmissions en direct de Discord au Brésil.
Le gouvernement estime désormais que les engagements proposés par l’entreprise après environ deux semaines de négociations ne permettent pas d’éliminer suffisamment les risques identifiés. Il exige notamment une vérification plus robuste de l’âge des utilisateurs et le rattachement des comptes des moins de 16 ans à ceux d’un responsable légal.
Les autorités réclament également des contrôles parentaux renforcés et des systèmes capables de détecter rapidement les contenus liés à l’automutilation, au suicide ou à des violences graves. Discord devrait aussi améliorer le signalement aux forces de l’ordre, empêcher le retour d’utilisateurs bannis et renforcer ses équipes de modération en langue portugaise.
En cas de non-respect des mesures d’urgence réclamées dans un délai de quinze jours, le gouvernement demande une astreinte quotidienne de 500 000 reais. Discord conteste vivement cette offensive et qualifie l’action judiciaire de « disproportionnée », affirmant avoir dialogué de bonne foi avec les autorités brésiliennes.
L’entreprise assure avoir présenté des modifications techniques et des investissements destinés à renforcer la sécurité de ses utilisateurs dans le pays. Cette procédure intervient au moment où le Brésil renforce considérablement son arsenal de protection des enfants sur Internet, notamment avec l’entrée en vigueur de nouvelles obligations imposées aux plateformes.
Après TikTok, récemment sanctionné pour des manquements concernant les données des mineurs, l’offensive contre Discord confirme ainsi la volonté de Brasilia d’imposer aux géants du numérique des règles beaucoup plus strictes en matière de sécurité des enfants.
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