Bally Bagayoko L’association "AC Anti-corruption" a déposé une plainte visant notamment Bally Bagayoko, maire (La France insoumise) de Saint-Denis, pour des soupçons de détournement de fonds publics et d’emploi fictif, après un article du Canard enchaîné évoquant un cumul de fonctions à temps plein à la RATP et d’élu, a-t-elle annoncé à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 7 août.
Cette plainte contre X a été adressée au Parquet national financier. Elle porte également sur des faits présumés de prise illégale d’intérêts, de favoritisme, de manquement à la probité et de cumul irrégulier d’activités publiques. Contacté par l’AFP, le maire de Saint-Denis, âgé de 53 ans, n’a pas souhaité réagir.
Dans un article intitulé « Le ticket gagnant de Bally Bagayoko », Le Canard enchaîné expose qu’« avant de conquérir la mairie de Saint-Denis Bally Bagayoko a longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP ».
L’hebdomadaire fait état d’un « recrutement sans concours » ni entretien en 2000, d’« horaires “élastiques” » et de « généreuses indemnités ». Une fonction qu’il cumule avec celle d’adjoint au maire, auxquelles s’ajoute un temps celle de vice-président du conseil départemental.
Le cumul de deux emplois publics à temps plein est prohibé sauf autorisation expresse et motivée, rappelle "AC !! Anti-corruption", qui demande donc la vérification d’un certain nombre d’éléments comme l’autorisation de cumul d’activités délivrée par la RATP ou la préfecture ou celle de la présence effective de M. Bagayoko à la RATP pendant ces mandats électifs.
Si les rémunérations sont perçues pour un emploi en réalité non exercé à plein temps à la RATP, « il s’agirait d’une utilisation indue des fonds publics », note l’association.
Selon le journal satirique, lorsque M. Bagayoko a perdu en 2015 son mandat départemental, le conseil municipal de la ville dirigée par le PCF lui a accordé une « hausse de 102 % de ses indemnités d’adjoint », « de quoi compléter un salaire de cadre qui dépassera ensuite les 6 000 euros par mois ».
« En intégrant le treizième mois et les primes », a confirmé M. Bagayoko au Canard. « Une association comme la nôtre doit signaler ce qui lui paraît illégal et attentatoire aux intérêts de nos concitoyens », a déclaré le président d’honneur d’AC !! Anti-corruption, l’ancien juge Eric Halphen, que les faits soient « commis par des gens classés à gauche comme à droite ».
« A partir du moment où des faits semblent mettre en cause un élu municipal et une institution telle que la RATP, nous nous devions de les dénoncer au Parquet national financier. Après, nous verrons ce que le parquet décide de faire. Mais nous avons un rôle de lanceur d’alerte en quelque sorte », a-t-il ajouté, en disant souhaiter qu’une enquête soit ouverte.
Vos réactions
Bravo la France, voilà c'est çà la nouvelle France.
Il a le totem d'immunité
l’association à l’origine de la plainte demande notamment que soient vérifiés :
- l’existence d’une autorisation régulière de cumul ;
- les conditions dans lesquelles le cumul entre les fonctions à la RATP et les mandats électifs était organisé ;- la réalité de l’activité exercée à la RATP pendant cette période.
La RATP a, pour sa part, déclaré qu’elle se tenait à la disposition de la justice pour fournir les éléments nécessaires si une procédure était engagée.
Je ne pense pas que la RATP s’amuse à créer des emplois fictifs pour des salariés élus politiques donc leur dossier RH doit comporter les documents justificatifs.
Maintenant, à quel point M. Bagayoko était présent à son « poste » le nombre d’heures prévues dans sa délégation d’élu politique, c’est la question. En cas d’absentéisme important, qui est responsable ? L’employeur ? L’employé ? Les deux ?
L’augmentation de 100 % d’une indemnité d’adjoint au maire, du fait de la perte du mandat départemental, est particulièrement anormale en revanche, si elle est confirmée. Mais là aussi, la Ville de Saint Denis avait dû normalement prendre une délibération en conseil municipal à ce sujet. Je vois mal une commune de cette taille s’affranchir de ses obligations légales sur ces sujets.
Ils se trompent de cible, tout le monde accepterait d'être payer à rien foutre, regardez les politiques... Dans le cadre d'un emploi fictif, c'est l'employeur le coupable.
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