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Une ONG dénonce des traces de néonicotinoïdes, des insecticides interdits en France dont l'acétamipride, dans le Nutella et le miel, et appelle les pouvoirs publics à "agir sans délai"

L'ONG Agir pour l'environnement alerte sur des traces de néonicotinoïdes, des insecticides interdits en France dont l'acétamipride, dans le Nutella et différents miels et appelle les pouvoirs publics à "agir sans délai".

Huit néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, "sont présents dans tous les miels et les pâtes à tartiner" analysés, soit douze produits différents, indique l'ONG dans un rapport, plaidant pour un "moratoire européen sur ces substances toxiques".

Elle demande aussi aux fabricants de "revoir immédiatement leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit exempt de néonicotinoïdes".

L'utilisation de ces insecticides en agriculture est interdite en France depuis 2018 en raison de leur toxicité pour le vivant, notamment les abeilles. Ils sont également bannis dans l'ensemble de l'Union européenne, à l'exception de l'acétamipride, autorisée jusqu'en 2033.

Agir pour l'environnement a analysé dix miels, dont sept importés. Tous sont porteurs de traces d'insecticides, l'acétamipride étant "le résidu le plus concentré" dans sept d'entre eux.

Un mélange de miels ukrainien, argentin et espagnol contient ainsi un total de 4.300 nanogrammes par kilogramme (ng/kg) de six néonicotinoïdes différents.

"Les miels composés de mélanges de diverses origines sont les plus contaminés", souligne l'ONG, avec des concentrations allant de 700 à 5.400 ng/kg.

En comparaison, les deux miels biologiques français testés sont "les moins contaminés", avec respectivement 7 et 163 ng/kg d'insecticides. Un miel bio de Bulgarie et du Mexique affiche lui 1.300 ng/kg.

Côté pâte à tartiner, le Nutella, analysé dans sa version classique et végétale, contient huit néonicotinoïdes, avec respectivement 480 et 850 ng/kg.

"La présence de traces d'une substance ne constitue pas, en soi, un risque pour la santé", a réagi auprès de l'AFP le géant de l'agroalimentaire Ferrero, qui assure que le Nutella est "fabriqué selon des normes strictes" et "pleinement conforme à l'ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire".

Au niveau européen, la présence d'acétamipride dans le miel ne doit pas dépasser 0,3 mg/kg (soit 300.000 ng/kg). Les concentrations mesurées sont donc très inférieures. Il n'existe pas de tel seuil pour la pâte à tartiner.

Face à cette "présente systémique", l'ONG appelle elle les parlementaires français à rejetter "toute tentative de réautoriser les néonicotinoïdes", alors qu'un amendement au projet de loi d'urgence agricole, porté par le sénateur LR Laurent Duplomb, prévoit de réautoriser deux néonicotinoïdes, l'acétamipride et du flupyradifurone. Il doit être débattu jeudi lors d'une commission mixte paritaire.

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Vos réactions

Portrait de balou73
14/juillet/2026 - 21h20

Message posté sur X par le docteur Jérôme Barrière :

Scoop !

Des traces d’acétamipride ont été retrouvées dans certains miels importés ou dans le Nutella : @lemondefr alerte avec un article co-signé par les 2 Stéphane (Foucart et Mandard) d’après un rapport de l’association Agir pour l’environnement avec l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF).

Or les concentrations rapportées ne démontrent aucun risque sanitaire aux concentrations mesurées !

Comme d’habitude l’article du Monde oublie pourtant l’essentiel : les ordres de grandeur.

Je vous explique .

L’article rapporte l’analyse de 10 miels et 2 pâtes à tartiner.

Tous contenaient des traces de 3 à 7 néonicotinoïdes. 

Les miels importés étaient les plus chargés, jusqu’à 5 370 ng/kg au total, dont 4 980 ng/kg d’acétamipride. 

Les miels français étaient nettement moins contaminés, de 7 à 239 ng/kg. 

Le Nutella contenait 483 ng/kg et sa version végétale 849 ng/kg.

Le miel le plus « contaminé » contient donc 4 980 ng d’acétamipride par kg.

Le chiffre paraît spectaculaire.

Mais 4 980 ng/kg, c’est seulement :

➡️ 4,98 µg/kg

➡️ 0,00498 mg/kg

Changer d’unité change déjà beaucoup la perception.

Une portion de 20 g de ce miel apporte environ :

➡️ 0,10 µg d’acétamipride.

Pour un adulte de 77 kg, la dose journalière admissible est d’environ :

➡️ 385 µg par jour.

La portion représente donc 0,026 % de la DJA.

Autrement dit, il faudrait théoriquement consommer environ 77 kg par jour du miel le plus concentré pour atteindre la dose journalière admissible !!

Évidemment, personne ne mange 77 kg de miel.

Voilà l’ordre de grandeur absent de l’article.

Étonnant non ? Bah non si on veut continuer à faire peur.

Même raisonnement pour le Nutella végétal, présenté comme le plus « contaminé » :

849 ng/kg de néonicotinoïdes au total.

Une portion de 30 g représente environ 0,025 µg.

Même en supposant abusivement que tout soit de l’acétamipride, cela resterait autour de 0,007 % de la DJA d’un adulte.

Là encore les journalistes se gardent bien de parler de cela .(...)

La bonne information est donc la suivante : Certains miels importés contiennent davantage de résidus que les trois miels français testés.

Cela mérite surveillance et contrôle.

Mais passer de « résidus détectés » à « menace hormonale » sans donner les doses est une mise en scène anxiogène.

Comme à leur habitude !