Pierre Menès Trois hommes doivent comparaître à partir de jeudi devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, à Perpignan, pour l’explosion suivie d’un incendie qui avait fait huit morts à Saint-Laurent-de-la-Salanque en février 2022. Le drame s’était produit dans la nuit du 13 au 14 février dans un immeuble de la rue Arago, au cœur de cette commune située au nord de Perpignan.
L’explosion avait détruit plusieurs logements situés au-dessus et à proximité d’une épicerie installée au rez-de-chaussée. Huit personnes avaient perdu la vie, parmi lesquelles deux jeunes enfants, tandis que plusieurs autres avaient été grièvement blessées. Rapidement, les investigations avaient conduit les enquêteurs à privilégier la piste d’un incendie volontaire plutôt que celle d’un accident. Des traces de carburant avaient notamment été découvertes dans le commerce où le feu aurait pris naissance.
L’accusation soupçonne qu’un incendie volontaire ait été organisé dans le cadre d’une tentative présumée d’escroquerie à l’assurance. Les enquêteurs soupçonnent deux frères liés à l’épicerie d’avoir participé à la préparation de l’opération et un troisième homme d’avoir directement contribué à sa réalisation.
Les trois accusés contestent à des degrés différents leur responsabilité et se mettent mutuellement en cause. Ils sont détenus provisoirement depuis 2022 et devront notamment répondre des conséquences dramatiques de l’incendie, qui s’était propagé avec une extrême rapidité aux logements voisins.
L’instruction s’est appuyée sur de nombreuses expertises techniques destinées à déterminer l’origine du feu, la présence de produits inflammables et les circonstances de l’explosion. Le procès s’annonce particulièrement lourd en raison du nombre de victimes, de parties civiles et de professionnels mobilisés. Un dispositif exceptionnel a été prévu au palais de justice de Perpignan pour permettre la tenue des audiences dans de bonnes conditions.
Les trois hommes encourent la réclusion criminelle à perpétuité, mais restent présumés innocents jusqu’à leur éventuelle condamnation définitive. Prévu jusqu’au 16 octobre, le procès devra notamment déterminer les responsabilités de chacun et établir si une fraude à l’assurance présumée est effectivement à l’origine de la catastrophe.
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