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Spéciale Eurovision : Loin des polémiques, le candidat israélien Noam Bettan, évoque sa double identité: "La moitié de mon coeur est française et l'autre moitié israélienne" - VIDEO

Loin des polémiques autour de la participation de son pays à l'Eurovision, le candidat israélien Noam Bettan, qui doit y interpréter une chanson aux paroles majoritairement en français, évoque dans un entretien à l'AFP sa double identité, et l'espoir de toucher le public en France.

"Je suis français: la moitié de mon coeur est française et l'autre moitié israélienne", dit le chanteur de 28 ans, né en Israël de parents immigrés de France.

"Un de mes rêves, c'est de venir en France et d'y faire de la musique, en français", déclare-t-il dans les locaux de la radio-télévision publique israélienne Kan, en amont du concours européen de la chanson devant avoir lieu cette année du 12 au 16 mai à Vienne, en Autriche.

La radio-télévision, qui organise l'émission "La prochaine star" chargée d'élire le représentant d'Israël à l'Eurovision, a autorisé Noam Bettan à parler aux médias mais à condition qu'il ne parle ni des remises en question de la participation d'Israël à cause de la guerre à Gaza, ni de politique. "J'aime beaucoup la musique française, il y a énormément d'artistes incroyables. C'est une scène très riche, très variée, et j'espère trouver ma place en France bientôt", témoigne donc Noam Bettan, fan de Stromae et Christophe Maé.

"Mais Israël reste mon pays, ma maison, et je ne renoncerai jamais à ça. J'ai toujours eu l'impression d'être entre deux mondes, jamais totalement l'un ou l'autre".

Gagnant de la dernière édition de "La prochaine star", Noam Bettan, sur scène depuis huit ans, y avait interprété trois chansons françaises dont "Dernière danse" d'Indila lors de la finale. Il avait avant cela connu un grand succès en Israël avec sa chanson "Madame" sortie en février 2025, une ballade en hébreu avec quelques paroles en français. "Michelle", qu'il présente à l'Eurovision, raconte une histoire d'amour inspirée de sa propre expérience, explique le chanteur. Mais le prénom du titre est "un nom de code, une figure féminine", précise-t-il. "Chacun peut s'approprier la chanson, lui donner sa propre interprétation". Le refrain est dans la langue de Molière, très populaire en Israël, pays où l'Eurovision joue un rôle important. "Je te laisse partir, adieu ma belle, je te laisse partir, mais je t'aime, la reine des problèmes", chante Noam Bettan.

Ce dernier passage, sur "la reine des problèmes", a toutefois choqué nombre de francophones israéliens.

Israël a remporté quatre fois l'Eurovision, la dernière fois en 2018. Noam Bettan sera le deuxième représentant israélien également de nationalité française, après Nadav Guedj en 2015. A l'approche de son 70e anniversaire, le concours est ébranlé par le plus important boycott de son histoire autour de la participation d'Israël. Les diffuseurs de l'Espagne, de l'Irlande, de l'Islande, des Pays-Bas et de la Slovénie ont annoncé leur défection. Ils reprochent à Israël la conduite de la guerre dévastatrice menée à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol. L'an dernier en Suisse, la chanteuse israélienne Youval Raphael, survivante de l'attaque du 7-Octobre, était arrivée deuxième, remportant le plus de voix du public. Francophone, elle est l'une des autrices de "Michelle".

Comme l'année précédente en Suède, le concours avait été perturbé par des manifestations contre la participation d'Israël en raison de la guerre à Gaza. La participation d'Israël au concours avait été remise en question avant d'être validée par une décision de membres de l'Union Européenne de Radio-Télévision (UER).

Assurant de ne pas être stressé, Noam Bettan reconnaît avoir "beaucoup d'émotions" mais promet de "donner le meilleur".

Tout sourire, il affirme que "représenter Israël dans cette compétition est un immense honneur. Sentir le soutien du pays me donne beaucoup de force pour partager mon message, mon amour, ma lumière".

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