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La justice tunisienne a de nouveau refusé hier la remise en liberté provisoire de deux chroniqueurs connus, dont l'ancien journaliste franco-tunisien de Canal+ Mourad Zeghidi

La justice tunisienne a de nouveau refusé mardi la remise en liberté provisoire de deux chroniqueurs connus, dont l'ancien journaliste franco-tunisien de Canal+ Mourad Zeghidi, jugés en appel dans un procès dénoncé par Reporters sans frontières (RSF) comme "un harcèlement judiciaire".

A l'ouverture de l'audience devant la cour d'appel de Tunis, les avocats de M. Zeghidi et Borhen Bsaies ont demandé le report des débats sur le fond, pour mieux se coordonner avec de nouveaux avocats arrivés récemment sur l'affaire, a indiqué à l'AFP Me Ghazi Mrabet, membre de la défense de M. Zeghidi.

Après délibéré, le tribunal a rejeté la demande de libération mais a accepté le report, fixant une nouvelle audience au 12 mai. MM. Zeghidi et Bsaies, condamnés en première instance à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", étaient présents lors de cette nouvelle journée du procès démarré le 14 avril, a constaté une journaliste de l'AFP. Des diplomates de Belgique, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de l'ONU ont assisté à l'audience.

A l'extérieur du tribunal, une vingtaine de personnes, dont des défenseurs des droits et des proches des deux journalistes, étaient venues leur apporter leur soutien. "On est fatigués, il faut que ça cesse", a déclaré à l'AFP Inès, la fille de Mourad Zeghidi.

La soeur du journaliste, Meriem, l'a décrit comme "combatif".

"Il fait beaucoup de sport et a le moral", même s'il est emprisonné "avec trois détenus de droit commun" et "ne croise aucun autre prisonnier", a-t-elle dit en soulignant qu'il avait droit seulement "à 10 minutes de visite par semaine" de sa famille.

Les deux chroniqueurs avaient été arrêtés puis emprisonnés à partir de mai 2024 pour des déclarations à la radio et à la télévision considérées comme critiques du président Kais Saied. Alors qu'ils étaient libérables en janvier 2025 après avoir purgé huit mois de prison, de nouvelles poursuites avaient été lancées pour des malversations financières présumées.

 tribunal sur la base d'une plainte du gouvernement.

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