michel onfray
La motion de défiance contre la direction de l'agence de presse internationale AFP n'a pas été adoptée par les salariés, et la confiance l'a emporté à 80 voix près, selon les résultats publiés lundi par les syndicats.
Quelque 46% des votants (620 personnes) ont dit faire confiance à la direction, contre 40% (539) qui ont choisi l'option inverse. 14% (191) se sont abstenus. Selon les syndicats, 1.350 salariés de l'agence de presse mondiale, qui en compte 2.600 (dont 1.800 journalistes), ont participé à ce vote électronique ouvert le 1er avril.
Cette motion avait été présentée par les syndicats CGT, SNJ, Sud, FO et CFE-CGC, après plusieurs mois de désaccord autour d'un plan d'économies annoncé en juin 2025 par le PDG, Fabrice Fries. Le but est d'économiser 10 à 12 millions d'euros par an après 2026, dans un contexte de crise des médias. La clé de voûte de ce plan est la réforme d'ici à 2028 du système d'expatriation des journalistes, jugé trop coûteux par la direction.
Les syndicats, le conseil d'administration de la SDJ (Société des journalistes) et les représentants du personnel au conseil d'administration ont vu dans les résultats du vote "un signe fort des inquiétudes du terrain".
"La majorité des votants a refusé d'accorder un blanc-seing à la direction", ont-ils estimé dans un communiqué commun, avant une assemblée générale prévue mardi. Selon eux, c'était la première fois dans l'histoire de l'Agence France-Presse qu'une motion de défiance était soumise à l'intégralité de ses salariés dans le monde. Elle portait à la fois sur les réformes prévues par la direction dans son plan d'économies et, plus largement, sur sa gestion en général.
Parallèlement, une pétition interne avait été lancée contre la motion. Les syndicats estimaient que cette pétition était téléguidée par la direction, ce dont ses initiateurs se sont défendus. Fondée en 1944, l'AFP est l'une des trois agences mondiales d'information, avec AP et Reuters. Elle fournit de l'information en six langues, en texte, photo, vidéo. Elle n'est pas une entreprise publique mais n'a pas d'actionnaires, et ses clients, dont l'État français, siègent à son conseil d'administration. En 2024, l'AFP a dégagé un résultat net de 200.000 euros et un chiffre d'affaires de 326,4 millions d'euros.
Outre ses revenus commerciaux, elle reçoit de l'État français une compensation des coûts liés à ses missions d'intérêt général (118,9 millions d'euros en 2024).
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