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Crise agricole : De plus en plus de vétérinaires sont menacés et se retrouvent au cœur d’une colère d'agriculteurs qui les accusent d'être complice du massacre des animaux

Depuis le déclenchement de la crise agricole il y a une semaine, de plus en plus de vétérinaires sont menacés et se retrouvent au cœur d’une colère d'agriculteurs qui les accusent d'être complice du massacre des animaux. Dans plusieurs régions, ils sont accusés par certains éleveurs d’être les acteurs directs des abattages de troupeaux et des mesures sanitaires imposées face aux maladies animales contagieuses. Sur le terrain, les vétérinaires sont chargés de constater les foyers, de notifier les arrêtés préfectoraux et d’appliquer des protocoles stricts pouvant aller jusqu’à l’abattage total des cheptels.

Pour des exploitants déjà fragilisés économiquement, ces interventions sont vécues comme un choc brutal et irréversible. Cette situation a conduit à une désignation des vétérinaires comme responsables visibles d’une décision administrative pourtant prise par l’État.

« Nous ne décidons rien, nous appliquons la loi sanitaire », a rappelé Jacques Guérin, président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires, en alertant sur une montée inquiétante des menaces. Selon la profession, certains praticiens ont été insultés, suivis ou nommément désignés sur les réseaux sociaux. Des familles de vétérinaires ont également été prises à partie, créant un climat d’angoisse inédit dans les zones rurales.

Du côté agricole, la FNSEA reconnaît la gravité de la situation.

Son président Arnaud Rousseau a rappelé que « la détresse des éleveurs est immense », tout en appelant à ne pas confondre les vétérinaires avec les décideurs politiques. Les autorités soulignent que les vétérinaires agissent dans l’intérêt sanitaire collectif, afin d’éviter une propagation massive des maladies qui mettrait en péril l’ensemble du cheptel français. Elles rappellent également que toute menace ou intimidation constitue une infraction pénale.

Pris en étau entre la souffrance des éleveurs et l’obligation d’appliquer des règles strictes, les vétérinaires se retrouvent aujourd’hui en première ligne d’une crise qui dépasse largement leur rôle initial. Cette affaire révèle une fracture profonde dans le monde agricole, où la colère cherche désormais des visages, parfois au mauvais endroit.

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Vos réactions

Portrait de Just
18/décembre/2025 - 13h56
bruno.13 a écrit :

Les vétérinaires pourraient exercer comme une sorte de droit de retrait et refuser de se déplacer chez des éleveurs qui les ont menacés et ces derniers seraient bien emm... quand leurs bêtes auraient besoin d'être soignées. Toutes les organisations syndicales et les éleveurs devraient présenter leurs excuses à la profession vétérinaire pour des menaces qui n'auraient jamais dues être faites. Quant à bloquer la circulation automobile et ferroviaire, il y en a ras-le-bol. Qu'ils arrêtent de prendre les usagers en otages ! 

ou les vétérinaires pourraient aussi exercer "ce droit de retrait" que vous visez pour ne pas appliquer comme des robots fonctionnaires "la loi sanitaire" qui tue nos agriculteurs dans tous les sens du terme.

Portrait de bruno.13
17/décembre/2025 - 18h26

Les vétérinaires pourraient exercer comme une sorte de droit de retrait et refuser de se déplacer chez des éleveurs qui les ont menacés et ces derniers seraient bien emm... quand leurs bêtes auraient besoin d'être soignées. Toutes les organisations syndicales et les éleveurs devraient présenter leurs excuses à la profession vétérinaire pour des menaces qui n'auraient jamais dues être faites. Quant à bloquer la circulation automobile et ferroviaire, il y en a ras-le-bol. Qu'ils arrêtent de prendre les usagers en otages !