13/12/2024 13:43

PORTRAIT - Qui est François Bayrou qui devient le 28e Premier ministre de la Ve République après avoir été plusieurs fois candidat à la présidentielle ? - VIDEO

Le président français Emmanuel Macron a nommé vendredi son allié centriste François Bayrou comme Premier ministre, au terme de tortueuses consultations pour trouver un successeur à Michel Barnier, renversé par une motion de censure historique la semaine dernière, a annoncé la présidence française. A 73 ans, M. Bayrou devient le sixième locataire de Matignon depuis la première élection d’Emmanuel Macron en 2017. Et le 28e Premier ministre de la Ve République.

Une membre de l’entourage de cet infatigable défenseur d’un centre indépendant, actif depuis plus de quarante ans dans la vie politique française, l’assurait pourtant cet automne: Premier ministre, « François est convaincu qu’il ferait le job. Mais il est aussi convaincu, depuis cet été, qu’il ne sera jamais nommé ».

« Jamais », François Bayrou? Le maire de Pau n’avait pas vraiment mégoté en septembre pour convaincre ses troupes, dont une partie était très réticente, de soutenir Michel Barnier. Lui, le président-fondateur du MoDem, le grand pourfendeur des prétentions hégémoniques de la droite. Parce qu’il savait le Savoyard voué à l’échec? Depuis plus d’un mois en tout cas, en privé, il pronostiquait sa chute.

Un rôle à la mesure de ce triple candidat à la présidentielle (2002, 2007 et 2012), qui n’a jamais renoncé à ses ambitions nationales. Celles-ci ont bourgeonné dès les années 1970 quand ce natif de Bordères (Pyrénées-Atlantiques), fils d’agriculteurs - son père est mort d’un accident il y a un demi-siècle -, marié et père de six enfants, a fait ses premières armes en politique.

D’abord comme militant pour le compte de Valéry Giscard d’Estaing, avant d’intégrer le cabinet du ministre Pierre Méhaignerie en 1979. Élu député des Pyrénées-Atlantiques en 1986, il devient ministre de l’Éducation nationale du gouvernement de cohabitation d’Édouard Balladur en 1993 et fut profondément marqué par François Mitterrand.

« Un bègue aussi éloquent, un centriste aussi ferme, un catholique aussi laïque, François Bayrou sera un jour un redoutable candidat à l’élection présidentielle », avait déclaré le vieux président socialiste au journaliste Alain Duhamel (Libération, 2012). Malgré son soutien à Édouard Balladur, François Bayrou demeure rue de Grenelle en 1995 après l’élection de Jacques Chirac.

Immobilisme? Gestion sans vague avec les syndicats? Son lointain successeur Jean-Michel Blanquer n’a pas de mots assez durs contre la « vanité du personnage »: « le verbe plutôt que l’acte, l’apparence plutôt que la réalité, les joies de Narcisse plutôt que les travaux d’Hercule ». « Le centre n’est ni de gauche, ni de gauche », avait également dit François Mitterrand. Maxime que François Bayrou s’acharne depuis à démentir en tentant de donner au centre son indépendance vis-à-vis de la droite.

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