03/10/2024 14:31

L'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale après la plainte déposée par l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui s'estimait victime d'une "perquisition numérique illégale", a été classée sans suite

L'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la plainte déposée par l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui s'estimait victime d'une "perquisition numérique illégale", a été classée sans suite en juillet, a indiqué mercredi le parquet de Paris.

Ce classement est intervenu le 22 juillet pour absence d'infraction, a précisé le parquet, sollicité par l'AFP. Toutefois, une autre plainte a été déposée le 10 juillet par Le Canard enchaîné, avec constitution de partie civile pour obtenir la saisine d'un juge d'instruction, a indiqué une source judiciaire.

L'hebdomadaire avait déposé sa première plainte en mars pour dénoncer "une perquisition numérique illégale" portant "atteinte à l'ensemble des piliers de notre Etat de droit" s'agissant d'une entreprise de presse. Les accusations se référaient à un procès-verbal du 22 juillet 2022 de la brigade financière de la police judiciaire parisienne, dont l'AFP a eu connaissance, faisant état de la consultation par un enquêteur d'un "lien" numérique fourni par l'un des journalistes du journal, Christophe Nobili.

Ce lien donnait accès, selon l'enquêteur, "à la page de garde du système de documentation numérique du Canard enchaîné". Le PV a été rédigé dans le cadre d'une enquête du parquet de Paris sur des soupçons d'emploi fictif au sein du journal. En 2022, Christophe Nobili avait déposé plainte en affirmant que la compagne d'un ex-dessinateur et administrateur du Canard, André Escaro, avait bénéficié pendant 25 ans d'une rémunération du journal sans y avoir travaillé, ce que la direction conteste.

Deux anciens patrons du Canard, Michel Gaillard et Nicolas Brimo, doivent être jugés le 8 octobre dans ce dossier, qui a déclenché une guerre interne. "Dans les PV de cette enquête, il est écrit que le policier s'est introduit (dans la base de données du Canard enchaîné, ndlr), ce qui est impossible", a réaffirmé mercredi Hervé Liffran, administrateur délégué des Editions Maréchal - Le Canard enchaîné. "Il y a donc deux hypothèses : soit ce PV a été rédigé de façon un peu baroque (...), soit il y a un loup". "Notre plainte est plus inquiète qu'accusatrice", a assuré Erik Empatz, président des Editions Maréchal - Le Canard enchaîné.

A l'inverse, la section SNJ-CGT de l'hebdomadaire, dont M. Nobili est délégué syndical, a dénoncé mercredi une "manoeuvre du conseil d'administration pour venir à la rescousse de deux de ses membres", les anciens patrons du Canard bientôt jugés. Cette "rocambolesque plainte" veut aussi "dénigrer une fois encore le journaliste et délégué syndical Christophe Nobili (...) en l'accusant d'avoir prêté main forte à des policiers", a fustigé le syndicat.

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