Isiah Whitlock Jr La journaliste burundaise Floriane Irangabiye, condamnée en janvier 2023 à dix ans de prison pour « atteinte à l’intégrité du territoire national », a été remise en liberté vendredi au Burundi après avoir été graciée par le président, ont constaté des journalistes de l’AFP.
La journaliste est sortie de la prison de Bubanza, à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale économique Bujumbura, vers 17H45 (15H45 GMT).
La présidence burundaise avait publié jeudi soir sur X un décret daté du 14 août et signé du président Evariste Ndayishimiye affirmant que la journaliste de 36 ans bénéficiait d’une « remise totale » de ses peines. Sa condamnation en janvier 2023, confirmée en appel en mai 2023, à dix ans de prison et 500 dollars d’amende avait été vivement condamnée par les ONG de défense des droits humains et de la liberté de la presse.
Journaliste burundaise vivant au Rwanda, Floriane Irangabiye avait été arrêtée en août 2022 alors qu’elle était en visite dans le pays.
Reporters sans frontières (RSF) s’est dit « soulagé » de la remise en liberté de celle qui avait été condamnée « pour avoir fait son travail de journaliste ».
« Elle n’aurait jamais dû passer un jour derrière les barreaux », a affirmé sur X la chercheuse pour Human Rights Watch sur le Burundi, Clémentine de Montjoye, faisant également part de son « immense soulagement ».
L’association Action chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT-Burundi) a « salué » cette décision qui met fin à « un emprisonnement illégal et injustifié », dans un message sur X, disant encourager Evariste Ndayishimiye « à poursuivre sur cette voie en libérant toutes les autres personnes emprisonnées injustement ».
Evariste Ndayishimiye a succédé à Pierre Nkurunziza, décédé en 2020, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis 2005. Depuis son accession au pouvoir, il oscille entre signes d’ouverture du régime, qui reste sous l’emprise de puissants « généraux », et ferme contrôle du pouvoir marqué selon des ONG par des atteintes aux droits humains.
Le Burundi, l’un des pays les moins développés de la planète, pointe au 108e rang (sur 180) du classement sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Si RSF note « quelques signaux favorables envoyés » par le président, l’organisation décrit un « environnement (qui) reste encore très hostile pour l’exercice du journalisme ».
Sandra Muhoza, journaliste burundaise pour le média en ligne La Nova Burundi, a été inculpée en avril pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ». La journaliste, qui risque la prison à perpétuité, « doit désormais elle aussi être libérée et les charges contre elle abandonnées », selon RSF.
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#Burundi : La journaliste Floriane Irangabiye satisfaite de sa libération
— SOS Médias Burundi (@SOSMediasBDI) August 16, 2024
vidéo: Sa première réaction pic.twitter.com/E96FEcMLII
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