arnaud montebourg Le site d'informations spécialisé Insidethegames.biz, dont l'identité des propriétaires reste entourée de mystère, affirme avoir été "banni" des Jeux olympiques 2024 après le refus par le CIO de ses demandes d'accréditation. "Nous estimons avoir été bannis" par le Comité international olympique (CIO), a dit à l'AFP le directeur des opérations du site, Oleg Denisov, contacté par téléphone. "Nous voulions envoyer quatre ou cinq reporters et un photographe (à Paris cet été) parce que les Jeux sont la principale couverture" du site, a-t-il expliqué.
Le CIO a confirmé ne pas avoir accordé d'accréditation au site d'infos pour les Jeux de Paris, refusant de commenter sa décision.
Avant son rachat en octobre 2023, le site basé en Angleterre et géré pendant 18 ans par le journaliste sportif britannique Duncan Mackay était considéré comme une source d'informations fiables au sein du mouvement olympique. Il a été à l'origine de plusieurs révélations, notamment le contrôle antidopage positif de la jeune patineuse russe Kamila Valieva, annoncé pendant les Jeux d'hiver de Pékin en 2022. L'acquéreur, Vox Europe Investment Holding, est domicilié en Hongrie et en Grande-Bretagne mais n'a pas dévoilé la liste de ses actionnaires. Mais depuis, selon M. Denisov, Insidethegames a encore changé de mains, Vox Europe l'ayant revendu à la société ITG Media DMCC, basée à Dubaï.
Selon M. Denisov, Insidethegames n'a pas donné suite aux requêtes du CIO d'identifier les actionnaires de Vox Europe, qui incluaient d'après la presse Umar Kremlev, un oligarque russe patron de la Fédération internationale de boxe (IBA). En juin 2023, le CIO a banni l'IBA de son giron, lui reprochant notamment des problèmes de gouvernance, des scandales d'arbitrage à répétition ou encore sa dépendance financière persistante au géant russe Gazprom.
"Seuls les dirigeants (du fonds) étaient russes, je ne connais pas les propriétaires", a affirmé Oleg Denisov, lui aussi un ressortissant russe. Il a assuré ne pas savoir si M. Kremlev faisait partie des actionnaires, dénonçant des "spéculations". ITG "n'a pas de propriétaire russe", a-t-il dit à propos de Vox Europe. "Les propriétaires de cette société préfèrent rester anonymes malgré les pressions du CIO en novembre et décembre".
Le CIO et la Russie sont à couteaux tirés depuis plusieurs années, en raison d'un scandale de dopage d'Etat en 2014 avant les Jeux d'hiver de Sotchi, et plus récemment après l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. L'organisation olympique a banni les athlètes russes et bélarusses en raison du conflit en Ukraine, puis a orchestré leur retour progressif, sous bannière neutre, sous strictes conditions et en excluant d'emblée les épreuves par équipes.
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