14/06 12:01

Chine: Une journaliste qui avait tenté de lancer dans son pays le mouvement #MeToo a été condamnée à cinq ans de prison pour "incitation à la subversion de l’Etat"

Une journaliste chinoise qui avait tenté de lancer dans son pays le mouvement #MeToo a été condamnée vendredi à cinq ans de prison pour « incitation à la subversion de l’Etat », a annoncé le collectif qui la soutient.

La journaliste Sophia Huang Xueqin était poursuivie à Canton (sud) en même temps que le militant syndical Wang Jianbing, qui a lui écopé de trois ans et six mois de prison pour le même motif, selon le collectif.

Les deux sont en détention depuis 2021. Sophia Huang Xueqin a annoncé son intention de faire appel, Wang Jianbing ne s’est pas encore prononcé, a précisé le collectif sur le réseau social X.

Sophia Huang Xueqin avait décrit sur les réseaux sociaux son expérience de harcèlement sexuel quand elle était jeune journaliste dans une agence de presse chinoise, à la suite du mouvement #MeToo.

Lors de l’audience en septembre 2023, le procureur municipal avait accusé la journaliste d’avoir « suivi et organisé une formation » et le militant d’avoir « publié ou republié de fausses déclarations » dans le but de saper l’autorité de l’État, selon le groupe de soutien.

Ils étaient également accusés d’avoir « organisé des réunions régulières à Canton » dans le même but, selon la même source.

La journaliste chinoise a été accusée d’avoir « publié des articles et des discours déformés et provocateurs attaquant le gouvernement national sur les réseaux sociaux » et d’avoir « rassemblé des organisateurs à l’étranger pour participer à une formation en ligne sur des actions non-violentes », selon les captures d’écran.

Le parquet reprochait à Wang Jianbing d’avoir publié « des articles et discours erronés attaquant le système politique et le gouvernement chinois » et d’avoir rejoint « des groupes (subversifs) en ligne à l’étranger », dont l’un commémorant la répression meurtrière des manifestations de la place Tiananmen en 1989, selon l’acte d’accusation présenté.

Les deux militants chinois étaient également accusés d’avoir organisé des réunions à partir de novembre 2020 à Canton, où ils « ont encouragé les participants à manifester leur mécontentement à l’égard du pouvoir chinois sous prétexte de discuter de questions sociales ».

Ses partisans s’étaient inquiété début 2023 que Sophia Huang Xueqin avait perdu beaucoup de poids, avait des maux de dos et n’avait plus ses règles, suggérant des problèmes de santé.

Ces dernières années, les autorités chinoises répriment de façon croissante les mouvements issus de la société civile et les défenseurs des droits.

 

Ailleurs sur le web

Vos réactions