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Une juge d'instruction parisienne ordonne un procès en correctionnelle pour l'ex-vice président du Conseil d'Etat Bruno Lasserre pour des faits de harcèlement moral

Une juge d'instruction parisienne a ordonné un procès en correctionnelle pour l'ex-vice président du Conseil d'Etat Bruno Lasserre pour des faits de harcèlement moral, quand il présidait l'Autorité de la concurrence, qui impliquent aussi son ex-bras-droit, a appris l'AFP de source proche du dossier.

M. Lasserre, 69 ans, a dirigé l'Autorité de la concurrence (2004-2016), le Conseil d'Etat (2018-2022), et pilote aujourd'hui les Etats généraux de l'information. Ce grand officier de la Légion d'honneur et commandeur de l'Ordre national du mérite sera jugé par le tribunal correctionnel de la capitale pour complicité de harcèlement moral et son ancien subordonné Fabien Zivy pour harcèlement moral, d'après cette source.

Nommé en 2011 à la tête du service juridique de l'Autorité, Fabien Zivy avait vu son management qualifié de "toxique et disqualifiant", en particulier envers un adjoint, Alain Mouzon, dans un audit rendu le 15 avril 2013. Mis à pied huit jours plus tard par M. Lasserre, il était resté en fonction pendant un mois, avant d'être muté au sein de l'Autorité. Il y était resté jusqu'en janvier 2014. Le 27 mars 2014, Alain Mouzon, 46 ans, avait été retrouvé mort dans son appartement.

Deux arrêtés publiés en avril 2015 par les ministres de l'Economie et des Finances avaient conclu que son décès était "imputable au service" et constitutif "d'une maladie à caractère professionnel", selon Marianne, qui avait révélé l'affaire. "M. Mouzon a été exposé à un harcèlement moral qui a entraîné un épuisement professionnel et le développement de troubles anxieux sévères qui ont conduit à son décès", avait confirmé le tribunal administratif de Paris le 17 mars 2016.

L'Etat avait été condamné pour faute lourde et à verser 60.000 euros à la mère de l'agent. Cette dernière avait porté plainte fin 2015 contre MM. Vizy et Lasserre, entraînant l'ouverture d'une information judiciaire. Ils ont été mis en examen respectivement en 2018 et 2019. Dans une lettre adressée au personnel du Conseil d'Etat à l'annonce des poursuites, le haut-fonctionnaire avait contesté toute implication. "Je suis satisfait.

Un subordonné (M. Zivy) qui a décidé de ne pas jouer le fusible, c'est intéressant. Ma cliente attendait cela depuis longtemps", a réagi Me Bertrand Couderc, avocat de la mère de l'agent.

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