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L'an dernier, 167 personnes, dont une majorité de femmes, se sont vu refuser l'accès à un lieu public avec leur chien guide ou d'assistance, alors que la loi prévoit leur présence

L'an dernier, 167 personnes, dont une majorité de femmes, se sont vu refuser l'accès à un lieu public avec leur chien guide ou d'assistance, alors que la loi prévoit leur présence, selon un rapport.

Parmi elles, figurent 120 personnes handicapées, 46 familles d'accueil qui s'occupent de ces chiens lorsqu'ils sont en bas âge et un éducateur canin, détaille le rapport annuel de l'Observatoire de l'accessibilité des chiens guides et d'assistance (Obac), organisme qui rassemble des associations, des fédérations professionnelles et des représentants de l'Etat.

L'accès des chiens guides d'aveugles et d'assistance aux personnes handicapées à tous les lieux qui accueillent du public est pourtant inscrit dans la loi depuis 1987.

"Il y a malheureusement encore trop de discriminations et trop de personnes qui confondent les chiens guides avec des chiens ordinaires", a commenté auprès l'AFP Paul Charles, président de Canidea, organisme qui pilote l'Obac.

"Ils sont éduqués spécifiquement pour ne pas toucher à quoi que soit dans un commerce ou un restaurant", a-t-il ajouté.

Le nombre de refus d'accès est toutefois vraisemblablement supérieur à 167 car de nombreuses personnes ne signalent pas les incidents, selon les associations. Une application et un site internet dédiés devraient faciliter les déclarations, à partir de 2024.

Dans les deux tiers des cas, ce sont des femmes qui ont subi un refus d'accès à un lieu avec leur animal d'assistance.

La personne à l'origine d'un refus "se permettra plus facilement d'interpeller une maîtresse accompagnée de son chien, qu'un maître", la légitimité des femmes dans l'espace public étant régulièrement remise en cause par certains, décrit le rapport.

Commerces, restaurants, transports: des incidents ont lieu dans de nombreux secteurs d'activité.

Au total, 38% des refus ont été émis par des acteurs du tourisme, qui se posent souvent "la question de l'image de la présence du chien dans l'établissement". Ils "s'inquiètent du dérangement que causerait l'animal", qui pourrait pousser certains clients à laisser un avis négatif sur leur commerce sur Internet.

Un quart des refus est émis par des transporteurs. "La diversification des opérateurs, dont certains sont récents sur le marché français, rend difficile le dialogue et la diffusion du message", souligne le rapport.

Lorsqu'un incident est rapporté aux associations, elles entreprennent une médiation. Elles en ont mené 132 l'an dernier.

L'Obac a également recensé cinq dépôts de plaintes.

Environ 2.700 chiens guide et d'assistance sont en service actuellement en France.

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Portrait de Leon48Leon
19/novembre/2023 - 09h39 - depuis l'application mobile

Il faut former les agents de sécurité qui parfois par éducation ou apriori rejettent tous les animaux de compagnie…