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Le gouvernement israélien a annoncé le blocage dans le pays des sites internet de la chaîne libanaise pro-iranienne Mayadeen TV, devenue selon lui un "porte-parole du Hezbollah"

Le gouvernement israélien a annoncé le blocage dans le pays des sites internet de la chaîne libanaise pro-iranienne Mayadeen TV, devenue selon lui un "porte-parole du Hezbollah". Cette décision a été prise pour "empêcher un diffuseur de porter atteinte à la sécurité de l'Etat", a expliqué le ministre des Communications, Shlomo Karhi.

Depuis plusieurs semaines, les échanges de tirs sont quotidiens entre le Hezbollah libanais et Israël dans la zone frontalière entre les deux pays, faisant craindre une extension dans le nord d'Israël du conflit en cours avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza. L'arrêté a été pris pour "bloquer les sites internet d'Al-Mayadeen en Israël", a écrit le ministre sur sa page Facebook. "Les émissions et les journalistes d'Al-Mayadeen sont au service des méprisables organisations terroristes".

Le ministre dit avoir demandé au chef du commandement central de l'armée d'appliquer la même mesure en Cisjordanie occupée, où la société de production palestinienne travaillant avec Al-Mayadeen a annoncé avoir rompu ses liens avec la chaîne.

Un porte-parole du ministre a précisé à l'AFP que les autorités ne pouvaient techniquement pas bloquer la chaîne, diffusée localement par satellite, mais qu'elles avaient l'intention d'interdire à ses journalistes de travailler sur le territoire.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a estimé qu'Al-Mayadeen était devenue un "porte-parole du Hezbollah", et accusé ses journalistes de "soutenir le terrorisme".

"Nous promettons à l'occupation (Israël, NDLR) que nous n'arrêterons pas", a réagi le directeur d'Al-Mayadeen, Ghassan bin Jiddo, dans une vidéo sur YouTube.

"Notre absence physique de la Palestine occupée ne nous empêchera pas de soutenir les Palestiniens" et de défendre "des causes justes", a-t-il ajouté, promettant de continuer à "révéler la vérité sur la guerre génocidaire à Gaza". En octobre, le ministère de M. Karhi avait proposé de mettre fin à la diffusion locale d'Al-Jazeera, affirmant détenir des "preuves" que la chaîne qatarie produisait des contenus "qui nuisent à la sécurité nationale".

Aucune mesure gouvernementale n'a été prise contre la chaîne qatarie. Le Qatar joue un rôle central dans les médiations sur un accord qui verrait la libération des près de 240 otages enlevés par le Hamas dans son attaque du 7 octobre, qui a également fait environ 1.200 morts, principalement des civils, selon les autorités israéliennes.

 

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