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Le premier groupe de presse de Suisse Tamedia va supprimer à l'automne jusqu'à 10% de ses effectifs dans ses titres diffusés dans la partie francophone du pays alpin pour mieux s'adapter au recul du chiffre d'affaires

Le premier groupe de presse de Suisse Tamedia a annoncé qu'il allait supprimer à l'automne jusqu'à 10% de ses effectifs dans ses titres diffusés dans la partie francophone du pays alpin pour mieux s'adapter au recul du chiffre d'affaires. Le groupe compte supprimer jusqu'à 28 emplois, sur les 247 de Suisse romande afin de réaliser 3,5 millions de francs suisses (environ la même somme en euros).

"28 postes, c'est le scénario du pire, ce n'est pas un chiffre définitif", a déclaré Christine Gabella, directrice Suisse romande chez Tamedia mercredi devant la presse à Lausanne, rapporte l'agence Keystone-ATS.

Si le futur des médias est numérique, "nous partons du principe que l'imprimé restera une part forte pendant de nombreuses années, on parle d'au moins dix ans", a déclaré pour sa part Andreas Schaffner, codirecteur de Tamedia. Mais il est quasiment impossible de vendre un abonnement print à quelqu'un de moins de 30 ans. Cette érosion va se poursuivre. Or les marges de contribution du numérique sont plus faibles que celles du papier, selon M. Schaffner. "Il faut deux abonnements digitaux pour un print, une tâche d'hercule. On ne va pas arriver à compenser cette perte du chiffre d'affaires. Si on ne réagit pas, nos résultats vont davantage se dégrader", a-t-il relevé.

La restructuration vise à rapprocher les titres - comme 20 minutes et la Tribune de Genève- de leur lectorat, former les équipes aux nouveaux formats numérique et simplifier la préparation des journaux papier, souligne le groupe. "Nous voulons nous concentrer sur les plus-values. Cette restructuration devrait rester invisible pour le lecteur et devrait rendre notre offre plus attractive", a noté Mme Gabella. Les rédactions en chef demeurent inchangées et qu'aucune fusion de titre n'est prévue.

"En chiffres, ce sont 3,5 millions économisés uniquement sur le dos du personnel. C'est donc un ras-le-bol que le personnel des rédactions exprime face à une direction qui n'investit plus dans ses médias, et les laisse mourir à petit feu au détriment des abonnés et de la société dans son ensemble", ont dénoncé des collaborateurs et l'association professionnelle impressum, dans un communiqué. La Suisse alémanique sera également touchée, mais dans une proportion moindre, la situation sur le marché de la publicité s'étant dégradée plus rapidement en Suisse romande, a expliqué M. Schaffner. 

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