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Le procès du maire de Roubaix, Guillaume Delbar, jugé pour "détournement de fonds publics par négligence" via des subventions à une association accusée de prosélytisme religieux, s'est ouvert ce matin

Le procès du maire DVD de Roubaix, Guillaume Delbar, jugé pour "détournement de fonds publics par négligence" via des subventions à une association accusée de prosélytisme religieux, s'est ouvert vendredi devant le tribunal correctionnel de Lille. M. Delbar comparaît au côté de trois dirigeants de l'association roubaisienne de soutien scolaire "Ambitions et initiatives pour la réussite" (AAIR).

Ces derniers, dont le président et le trésorier seront jugés pour "abus de confiance", accusés d'avoir utilisé des fonds publics pour mener des activités prosélytes. L'affaire avait été évoquée dans un reportage début 2022 de "Zone Interdite" sur M6, consacré aux "dangers de l'islam radical", qui avait défrayé la chronique, faisant réagir jusqu'au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Parmi les témoins de l'émission, Amine Elbahi, un jeune juriste et militant associatif de Roubaix, avait alerté la préfecture du Nord en octobre 2020 sur l'association AAIR, l'accusant de dispenser des "cours coraniques" sous couvert de cours d'arabe. Il avait aussi écrit un courrier au maire mettant en avant que "plusieurs indices permettent de comprendre que cette association ne respecte pas les valeurs républicaines et le principe de laïcité".

Après enquête, la préfecture a indiqué avoir constaté que "des cours d'arabe à caractère cultuel" étaient bien dispensés par l'association. Si certains des intervenants, bénévoles, ont pu donner des cours de religion, le président de l'association, Nordine Khabzaoui, "dément tout prosélytisme de la part de l'association, et tout détournement d'argent public", a affirmé à l'AFP son avocat, Me Patrick Lambert.

"La question qui va se poser au procès est de savoir où on place le curseur du prosélytisme", a-t-il estimé. "Je peux avoir été trompé, j'ai pu me tromper" en soutenant "une association qui venait de faire scission avec une mosquée devenue salafiste", avait pour sa part avancé M. Delbar début 2022. Ni lui ni son avocat ne se sont exprimé à leur arrivée à l'audience.

La préfecture du Nord a refusé de préciser à l'AFP les montants versés à l'AAIR, pour laquelle la région Hauts-de-France dit pour sa part avoir déboursé 1.500 euros en 2018. Selon la municipalité, l'AAIR devait bénéficier en 2020 de 64.640 euros de subventions, mais l'argent n'a jamais été versé.

Guillaume Delbar a par ailleurs été condamné le 2 décembre 2021 à six mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour participation à un système frauduleux de défiscalisation via des micro-partis. Il a fait appel de cette décision.

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