25/02/2023 16:31

Une ONG réclame l'interdiction de certains pesticides utilisés en viticulture et l'élargissement des distances de sécurité avec les habitations, en publiant une étude montrant la forte présence de ces produits dans l'air à proximité de vignes

L'ONG Générations Futures a réclamé l'interdiction de certains pesticides utilisés en viticulture et l'élargissement des distances de sécurité avec les habitations, en publiant une étude montrant la forte présence de ces produits dans l'air à proximité de vignes.

"Il y a une surexposition des riverains qui sont situés près des vignes, même jusqu'à 60 mètres", a souligné Pauline Cervan, chargée de mission chez Générations Futures, lors d'une présentation à la presse.

L'ONG a mené cette étude en 2021 et 2022 avec trois protocoles de prélèvements à l'aide de capteurs passifs placés à des distances différentes de vignes dans des zones essentiellement viticoles en Gironde et dans le Rhône.

"Des préleveurs situés à 10, 25, 50 ou même 60 mètres des vignes capturent des quantités encore importantes de pesticides", conclut Générations Futures.

Les résultats montrent en effet que la quantité de pesticide relevée tend certes à décroître avec la distance mais reste encore importante à plusieurs dizaines de mètres. Sans surprise, un capteur proche d'une vigne en agriculture biologique a aussi absorbé beaucoup moins de pesticides.

Un produit en particulier a été relevé en grande quantité lors de l'enquête: le folpel, un fongicide, "cancérogène suspecté" également soupçonné de perturber le système endocrinien, selon l'ONG.

"Cette étude montre une nouvelle fois qu'en zone viticole il y a une très claire surexposition dans l'air du fongicide folpel", "on en retrouve beaucoup jusqu'à 60 mètres", souligne Pauline Cervan.

La spiroxamine, "reprotoxique possible" (qui affecte la fertilité et le développement de l'embryon, NDLR), a aussi été largement relevée.

Pauline Cervan s'inquiète d'autre part d'un possible "effet cocktail" délétère puisque jusqu'à 25 pesticides différents ont été relevés par un même capteur.

François Veillerette, porte-parole de l'organisation, revendique "un coup de sonde" sans prétendre à "une vision exhaustive ni de ce qui se passe dans les régions et encore moins de ce qui se passe dans la viticulture française en général".

Mais les résultats sont jugés suffisamment concluants pour que l'ONG demande l'interdiction au niveau européen des deux substances retrouvées en quantité et "une augmentation forte des zones non traitées en bordure des vignes à hauteur de 100 mètres au minimum, afin de protéger les populations vivant à proximité immédiate".

Les distances sont actuellement fixées à cinq mètres pour les cultures dites basses et dix mètres pour les cultures hautes, dont les vignes. Il est possible de déroger à ces distances en utilisant un matériel particulier.

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