09/02/2023 18:41

Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde, a avoué jeudi avoir été "surprise" par la coupure en Europe de la chaîne russe RT, qui a pu donner l'impression d'une "censure"

Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde, groupe public chargé de l'audiovisuel extérieur de la France, a avoué jeudi avoir été "surprise" par la coupure en Europe de la chaîne russe RT, qui a pu donner l'impression d'une "censure". Le fait que "des démocraties occidentales, au titre de sanctions dans un environnement guerrier, sortent les premières l'arme de la censure, ça m'a surprise", a déclaré Mme Saragosse lors d'un déjeuner de presse organisé à Paris par l'Association des journalistes médias (AJM, qui réunit des journalistes couvrant ce secteur).

Elle a rappelé que cette coupure "était une décision européenne" qui "dépasse" la France et allait au-delà de la seule question de l'audiovisuel puisque cela faisait partie d'un paquet de sanctions plus larges. "Simplement, on donnait un précédent: la censure utilisée par les démocraties occidentales européennes.

C'est pas très commode à l'international ensuite d'expliquer la liberté d'expression", a ajouté la patronne de France Médias Monde, qui regroupe notamment la chaîne info France 24 et la radio RFI. Après les sanctions européennes contre RT en mars 2022, France 24 et RFI ont fait partie des médias internationaux visés par des coupures en Russie. Par ailleurs, RFI et France 24 ont été interdites de diffusion en avril 2022 au Mali, dans un contexte d'escalade des tensions entre Paris et Bamako.

RFI est également suspendue au Burkina Faso depuis décembre.

"Quand on est coupé à Bamako, ce qu'on reçoit sur les réseaux sociaux, c'est: +Vous n'allez pas être surpris puisque vous venez de couper RT en France donc vous êtes coupés à Bamako. C'est logique (...), vous l'avez bien cherché en quelque sorte+", a argumenté Mme Saragosse.

"Il y a un mouvement mondial de remise en cause" du "modèle démocratique" occidental et "des médias qui le portent", a-t-elle analysé, en soulignant qu'il existait une différence fondamentale entre "des médias de service public indépendants" comme France 24 et RFI et "des médias gouvernementaux".

Accusés d'être des instruments de "désinformation" du Kremlin après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les médias Sputnik et RT (y compris sa version francophone RT France) ont été interdits de diffusion dans l'UE à partir du 2 mars, à la télévision comme sur internet, en vertu d'un accord des Vingt-Sept. RT France (seule filiale de RT établie sur le sol d'un Etat membre de l'UE) a fermé en janvier après le gel de ses comptes bancaires, conséquence d'un nouveau paquet de sanctions prises par l'UE en décembre.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de bruno.13
10/février/2023 - 19h30

France Médias Monde est un groupe public. Si sa présidente n'est pas d'accord avec la coupure de cet organisme de propagande pro-Poutine où elle doit compter de nombreux amis on dirait, elle démissionne si elle veut ouvrir sa gueule. Sinon, elle la ferme. Je pense que ses propos justifieraient son débarquement.

Portrait de Bob28
10/février/2023 - 10h00
LeBonSens a écrit :

Je ne vois aucune censure dans ce cas : on a juste coupé la diffusion de la propagande nauséabonde d'un état assassin.

C'est une bonne chose.

Aviez-vous déjà regardé RT France, ou vous contentez-vous de répéter ce que tout le monde dit ?

Juste avant la fermeture de RT France, la "preuve" que c'était une usine de propagande était leur publication sur l'affaire de l'île aux serpents.

Quelques semaines plus tard il s'est avéré qu'ils avaient raison.

Portrait de Blackrock
9/février/2023 - 19h14

Enfin une réaction !!!

Portrait de Tempura
9/février/2023 - 19h03

C'est pas une impression, c'est une censure.