01/01/2023 14:01

Après le film, les livres et la pièce de théâtre, le scandale du Mediator se raconte dans une bande dessinée haletante et didactique, sous la plume de la lanceuse d'alerte Irène Frachon

Après le film, les livres et la pièce de théâtre, le scandale du Mediator se raconte dans une bande dessinée haletante et didactique, sous la plume de la lanceuse d'alerte Irène Frachon. "La vraie histoire factuelle de A à Z n'avait jamais été écrite", assure la pneumologue à l'hôpital de Brest-Carhaix (Finistère).

Intitulée "Mediator, un crime chimiquement pur" (Ed. Delcourt), cette BD, qui doit paraître le 4 janvier, a été écrite avec l'ancien journaliste Éric Giacometti et dessinée par François Duprat. Elle entreprend de retracer non seulement l'histoire du Mediator mais aussi celle de son fabricant, les laboratoires Servier, et d'un autre de ses médicaments interdit dans les années 90: l'Isoméride.

"C'est un crime industriel qui se noue dans les années 60: Servier invente une série de coupe-faims dérivés de l'amphétamine. Et, malgré des signes de dangerosité qui apparaissent très rapidement, Servier va tout mettre en œuvre pour empêcher le retrait de ces coupe-faim parce que ce sont des produits extrêmement rentables", raconte le Dr Frachon à l'AFP.

Mis sur le marché en 1976 pour le traitement du diabète mais largement détourné comme coupe-faim, le Mediator a été prescrit à environ cinq millions de personnes, jusqu'à son retrait en novembre 2009. C'est en découvrant la similitude du Mediator avec l'Isoméride que la pneumologue se rendra compte de sa dangerosité.

Car "en réalité, l'Isoméride et le Mediator, c'est la même chose. Ils libèrent dans l'organisme le même poison. Servier le savait et l'a dissimulé", souligne Mme Frachon. Le scandale de l'Isoméride, retiré du marché en 1997, fit grand bruit aux États-Unis. Mais en France, l'affaire "a fait pschitt au grand dam d'un journaliste du Parisien, Éric Giacometti", auteur de plusieurs articles sur le sujet, raconte Mme Frachon.

C'est de leur rencontre qu'est née l'idée de la BD. Devenu auteur de polar et scénariste de Largo Winch, M. Giacometti a contribué à donner un rythme à ce récit de 200 pages, émaillé d'explications médicales et scientifiques qui auraient pu le rendre rébarbatif. "Je vis cette affaire comme un polar depuis des années mais je ne sais pas le raconter comme ça", confie Irène Frachon, qui précise cependant que "tout est factuel". "Il n'y a aucune place pour la fiction dans la BD", décrit-elle, en énumérant les "méthodes de barbouzes" de Servier et les "documents effrayants" issus de l'enquête pénale.

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